Par P. Sischka & G. Steffgen.

 

Si l’on compare les participants de l’enquête Quality of Work Index Luxembourg aux salariés d’autres pays européens, on constate que le niveau de bien-être des salariés luxembourgeois est en moyenne plus bas que celui des salariés d’autres pays. C’est notamment parmi les jeunes salariés que l’on retrouve un niveau de bien-être légèrement plus bas. En analysant les catégories professionnelles, on observe que ce sont les cadres et dirigeants, les employés des services aux particuliers, mais aussi les travailleurs non-qualifiés, qui présentent les plus hauts niveaux de bien-être. Les salariés dont la durée effective du travail est la plus courte, et les salariés travaillant dans des organisations de petite taille (1 à 4 salariés), sont également ceux faisant état d’un niveau de bien-être élevé. Le bien-être est donc visiblement lié aux conditions de travail. Ainsi, plus la participation des salariés est élevée, plus leur rôle est clair, et plus leur emploi est stable et sûr, plus leur bien-être sera élevé. Par ailleurs, il existe une corrélation positive entre le bien-être et la satisfaction au travail, notamment le respect ressenti au travail, et une corrélation négative avec le stress et le burnout.

Comparaison du niveau de bien-être entre pays européens

La figure 1 présente le niveau de bien-être des participants à l’enquête Quality of Work Index Luxembourg par rapport à plusieurs pays européens. Les données des pays entrants dans la comparaison sont issues de l’Enquête Européenne sur les conditions de travail de 2015 (EWCS ; pour plus de détails, voir encadré : Méthode). On constate que le niveau de bien-être des salariés ayant participé à l’enquête Quality of Work Index Luxembourg est en moyenne plus bas que celui des salariés d’autres pays. Seule l’Albanie présente un niveau inférieur à celui des participants à l’enquête Quality of Work Index Luxembourg (Luxembourg QoW ; en bleu sur le graphique). De même, les valeurs obtenues par l’enquête EWCS classent le Luxembourg dans le tiers inférieur du tableau des pays participants (Luxembourg ; en bleu sur le graphique). Il convient cependant de souligner que l’enquête ECWS ne tient compte que des salariés résidant au Luxembourg, alors que l’enquête QoW interroge également les frontaliers. De plus, les données de l’enquête ECWS sont collectées à partir d’entretiens en face à face, alors que les données de l’enquête QoW sont fournies par des entretiens téléphoniques. Cette différence de méthodologie de collecte des données peut influencer le type de réponses obtenues (Holbrook, Green, & Krosnick, 2003).

 

Niveau de bien-être en fonction du sexe et de l’âge

La figure 2 compare les données issues de l’enquête QoW avec celles de l’enquête EWCS pour le Luxembourg. Les données de l’enquête ECWS indiquent de relativement grandes différences entre les hommes et les femmes. Par rapport aux salariées femmes, les salariés hommes présentent des niveaux de bien-être bien plus élevés. En revanche, les données de l’enquête QoW ne montrent aucune différence entre hommes et femmes. Du point de vue de l’âge également, les résultats de l’enquête QoW diffèrent légèrement de ceux de l’enquête EWCS. Alors que dans l’enquête QoW, le niveau de bien-être le plus bas se retrouve chez les salariés de 16-24 ans, cela n’apparaît pas dans les données de l’enquête EWCS. Les deux groupes de résultats établissent toutefois la catégorie des salariés de 55 ans et + comme celle présentant le plus haut niveau de bien-être.

Aucune variable comparable n’ayant pu être établie avec l’enquête EWCS, seules les données de l’enquête QoW sont présentées ci-dessous. La figure 3 différencie le niveau de bien-être selon le pays de résidence. Horaires de travail atypiques

Ce sont les travailleurs frontaliers venant de France qui présentent les plus hauts niveaux de bien-être, tandis que ceux venant de Belgique présentent les niveaux les plus bas. La figure 4 illustre le niveau de bien-être moyen des salariés au Luxembourg en fonction des différentes caté- gories professionnelles. Lorsque l’on différencie les salariés à temps plein de ceux à temps partiel, on ne constate quasiment aucune différence. En analysant les catégories professionnelles de la classification CITP (voir encadré : méthode), on note que ce sont principalement les métiers qualifiés de l’industrie et de l’artisanat, les conducteurs de machines et d’installations et ouvriers de l’assemblage ainsi que les employés administratifs qui présentent un niveau de bien-être plus bas que les autres. Les niveaux de bien-être les plus élevés se retrouvent chez les cadres et dirigeants (voir encadré : méthode), les employés des services à la personne, commerçants et vendeurs et les travailleurs dans les professions élémentaires. Si l’on différencie encore davantage les salariés selon qu’ils occupent ou non une position de supérieur hiérarchique (voir encadré : méthode), on constate que les salariés qui ont une fonction de supérieur hiérarchique présentent en moyenne un niveau de bien-être légèrement plus élevé que les salariés n’occupant pas une position de supérieur hiérarchique.

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Communiqué par la CSL


Publié le 10 février 2017