Régulièrement la cible de toutes les critiques, elle est pourtant de plus en plus présente sur le marché du travail, la Génération Z affole les DRH. Une manière de travailler qui bouscule les codes établis, entre rythme et vision du travail différente, à laquelle les RH doivent s'adapter. Des systèmes et une organisation du travail qui s'organise peu à peu au sein des entreprises qui n'hésitent pas à revoir certaines de leurs positions.

Apporter du sens à leur travail

L'arrivée des Millennials sur le marché du travail aurait fait exploser la hiérarchie. Une volonté d'horizontalité et de dialogue avec lesquelles les managers doivent désormais composer, eux qui étaient habitués à davantage de verticalité. Plus seulement meneur, leur rôle et leur position a évolué. Parce que les jeunes ont besoin d'être accompagnés et formés, les entretiens d'évaluation paraissent datés. Remplacés par des points en face-à-face et réguliers, ils simplifient les échanges et renforcent la notion de proximité, essentielle. Ainsi les projets se pensent collectivement et se mènent ensemble, plutôt que verticalement, avec un feedback pertinent sur les actions menées.

Autre point notable chez les Millennials : la critique et le besoin constant de comprendre l'intérêt de leur travail. Dans ce contexte où l'horizontalité prime sur la verticalité, il est normal que le feedback s'opère dans les deux sens. Sonder son équipe c'est lui permettre de prendre part aux décisions, de l'impliquer davantage. Plus question pour un salarié de rester passif. Au contraire, la génération Z a besoin plus que jamais de se sentir concernée par son travail. Nombreuses sont les entreprises à avoir recours à des applications de notation sur lesquelles les employés peuvent noter leur manager, dialoguer sur une proposition de manière anonyme. S'ils étaient frileux au départ, nombreux sont les managers à être aujourd'hui en demande de ces évaluations.

 

Instaurer du dialogue entre manager et managé

Un besoin de dialoguer primordial pour ces nouvelles recrues. Avides de questions, curieux et concernés, ils veulent apporter du sens à leur travail. C'est pourquoi il faut savoir leur répondre, en plaçant leurs actions dans un réel projet de société. Concerné par l'empreinte qu'ils laissent dans leur société, ils désirent évoluer dans un environnement de travail sain et si possible, ludique. Parce que le travail n'est plus envisagé comme un labeur et qu'ils veulent s'y épanouir, les locaux et les conditions dans lesquelles ils évoluent sont à ne pas négliger. Il paraît inenvisageable de ne pas avoir accès au Wifi au même titre que ne pas pouvoir se connecter sur Facebook, véritable outil de travail à part entière.

Pour les RH et les managers, l'arrivée de la génération Z sur le marché de l'emploie est l'occasion de profiter de leur maîtrise des nouveaux outils de communication, dans l'idée que tout le monde a quelque chose à apporter. On a ainsi pu voir certaines entreprises mettre en place des binômes "junior/senior" particulièrement efficaces.

 

S'adapter à leur rythme de travail

Cette proximité installée entre le manager et son équipe permet aussi de relâcher la pression sur l'aspect décisionnel. Plus question de paternalisme, l'instauration d'un dialogue et d'une cohésion de groupe permet justement de ne pas bloquer sur des décisions de principe. Au contraire il serait plus bénéfique de travailler dans un environnement collaboratif favorisant l'échange d'idées et de décisions, et où le processus décisionnel strict n'intervient qu'en cas de crise.

Lâcher prise c'est aussi une manière de s'adapter au rythme de travail et de vie des Millennials. Smartphone comme extension de la main, sans cesse connecté, accès illimité 24 heures sur 24 à leur boîte mail, ils se déplacent rarement sans leur laptop. Pas étonnant donc que les frontières entre vie privée et professionnelle soient de plus en plus floues. De fait, ils sont capables de travailler n'importe où, au point que certaines entreprises n'hésitent pas à s'essayer au Flexible Working : un système qui permet de travailler de chez soi quelques jours par semaines. A l'inverse, d'autres entreprises autorisent plus de fun au sein de leurs locaux. Une façon de casser le côté austère du travail, incohérent avec la vision des Millennials.

Mise à disposition de tablettes, organisation de Workshop, tenues casual autorisées sont autant de petites choses capables de susciter l'engouement et de dérider un monde de l'entreprise qui se prend peut-être un peu trop au sérieux.

 

Les valoriser pour mieux les fidéliser

Enfin la génération Z inverse la tendance. Mobile, diplômée, polyvalente, elle se donne les moyens d'être infidèle. Un paradigme nouveau pour les recruteurs et les managers qui doivent fidéliser ces jeunes travailleurs volages. En soulignant leurs compétences et en valorisant leurs savoirs, les managers jouent sur l'aspect émotionnel de ces travailleurs en mal de reconnaissance. Demander des explications sur des notions de communication mal maîtrisées ou sur la dernière application tendance permet d'impliquer les Millennials. De même que la création de Comex Junior, des équipe dédiée à la conduite de projets pour valoriser l'entreprise.

Mais le bouleversement le plus important pour les RH est sans doute la lente disparition des managers qui semble s'amorcer. Nombreux sont les jeunes employés à ne pas ressentir le besoin de hiérarchie, au point que certaines entreprises se munissent de conventions où le rôle prime sur l'intitulé du poste. Une problématique qui peut effrayer tant elle paraît irréelle mais qui pourtant commence à s'envisager petit à petit au sein de certaines compagnies.


Publié le 06 juin 2017