Au Luxembourg, les pensions bénéficient d’une double adaptation. Par le réajustement, elles sont adaptées à l’évolution réelle des salaires et, par l’indexation, elles sont adaptées à l’indice des prix à la consommation, donc au coût de la vie. Ces adaptations sont indispensables au maintien du pouvoir d’achat des bénéficiaires de pension. Or, depuis l’entrée en vigueur de la loi de réforme le 1er janvier 2013, les retraités n’ont pas bénéficié de tous les réajustements auxquels ils auraient normalement eu droit, alors que la situation financière du régime d’assurance pension est excellente. En effet, la façon dont on a appliqué le mécanisme de réajustement a causé des pertes structurelles définitives qui ne seront jamais compensées par les réajustements ultérieurs !

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné « normalement » en termes de réajustement ?

Pas de réajustement en 2013

La réforme des pensions ne prévoyait pas de réajustement en 2013. En effet, le premier réajustement du nouveau régime, qui aurait dû être effectué en 2013, n’a pas pris en considération, comme cela aurait logiquement dû être le cas, l’évolution des salaires des années 2010 et 2011 (+1,5%).

Pas de réajustement en 2014, ni en 2015

L’évolution négative des salaires pour l’année 2012 se serait normalement traduite par une diminution des pensions en 2014 (-0,28%). Or, le législateur avait décidé de ne pas appliquer ce réajustement négatif, ce qui est fort louable.  Il a toutefois, par la même occasion, annulé le réajustement positif de 2015 (+0,42%).

Un réajustement normal en 2016 et 2017

Au 1er janvier 2016, les pensions ont augmenté de 0,49% (en raison de la progression des salaires en 2014). Et les pensions ont augmenté de 0,91% le 1er janvier 2017 (en raison de la progression des salaires en 2015). Le réajustement a donc, ici, de nouveau été appliqué de façon « normale »

 

En résumé

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Ces « petits arrangements » avec l’application effective du réajustement ont engendré des pertes par rapport à une application dite « normale » ; pertes qui sont d’ailleurs variables selon le niveau de pension des assurés du régime luxembourgeois.

Différentes situations sont détaillées dans le tableau retraçant l’évolution mensuelle de différents montants de pension, entre le mois de décembre 2012 et le mois de décembre 2017, avec, comme résultat, le calcul de la « perte cumulée » provoquée par les différents « non-réajustements ».

En effet, pour un retraité bénéficiant d’une pension de 2 000 euros en décembre 2012, la « perte cumulée » s’élève, cinq années plus tard, à près de 1 900 euros. Pour une pension de départ de 3 000 euros, ce manque à gagner atteint environ 2 800 euros. Quant au retraité percevant une pension de 4 000 euros fin 2012, la différence en défaveur de l’assuré frôle les 3 800 euros

 

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Communiqué par la CS


Publié le 18 décembre 2017