Cette semaine, HR One est parti à la rencontre de Juliane Nitsche, Partner au sein de MLC Advisory. L'experte en mindfulness, leadership et performance humaine revient sur son parcours professionnel ainsi que la nécessité de mettre en place de véritables actions afin de garantir le bien-être des employés.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel ?

J'ai fait mes études en Business Administration and Economics en Allemagne à l'université de Passau et j'ai travaillé pour une start-up dans le secteur de la mode. Après mon semestre ERASMUS à Paris, j'ai décidé de rester en France et j'ai eu l'opportunité de participer à la création de MLC Conseil, en 2012, ce qui m'a permis de combiner deux grands centres d'intérêt : le business et le bien-être et la performance humaine.

En effet, adolescente déjà, j'étais passionnée par le fonctionnement du corps et du cerveau. Au fil des années, j'ai obtenu un diplôme de prof de yoga (RYT200), me suis formée à la Nutrition pour la performance (Pn1) ainsi qu'à l'utilisation de la Mindfulness et de la méditation pour notre performance cognitive. J'ai l'immense chance de pouvoir partager les bénéfices de mon expérience avec nos clients et de les accompagner dans l'adaptation de leurs conditions de travail - leadership, organisation, communication - à ce nouveau monde de travail connecté et compétitif et d'assurer que leurs employés ont tous les moyens pour donner le meilleur d'eux-mêmes avec motivation et engagement. 

Très vite, grâce à notre trilingualité, en plus des entreprises françaises, nous avons attiré des entreprises allemandes et des groupes mondiaux ce qui nous a d'abord amené à transformer le nom en MLC Advisory, puis, plus récemment, à nous implanter au Luxembourg au début de l'année 2018. Aujourd'hui nous proposons des audits, des formations, de l'accompagnement, du conseil et des conférences axées sur la question cruciale : comment optimiser les conditions de travail afin de permettre aux salariés de donner le meilleur d'eux-mêmes à long-terme ?

 

Quelles sont vos principales qualités et valeurs et comment vous permettent-elles d'accompagner les entreprises et leurs employés dans leur recherche de bien-être et de performance ?

Tout d'abord la qualité du travail ! Nous avons toujours privilégié la qualité à la quantité ce qui nous a permis de gagner des clients exigeants et de les fidéliser en leur offrant des solutions spécialisées et adaptées à leurs besoins uniques. Le bien-être au travail des salariés n'est pas un gadget mais une partie intégrale du succès de l'entreprise et je ne proposerais jamais une approche dont je ne suis pas convaincue et dont l'efficacité n'a pas été prouvée par des études scientifiques.

Puis, la relation que nous établissons avec l'entreprise et ses salariés est également cruciale. La confiance est clé dans notre métier, ainsi qu'une cohérence entre ce que nous proposons à nos clients et ce que nous pratiquons nous-même dans notre vie professionnelle et privée.

Pour résumer : qualité, confiance et cohérence !

 

Quelle est pour vous la définition du bien-être au travail ? Comment travailler au développement de ce sujet de manière collective et individuelle ?

Ma définition du bien-être au travail est simple : se sentir bien au travail afin de pouvoir bien travailler.

Toutes les études en la matière le démontrent : si je me sens bien au travail et en osmose avec mon travail, ma performance va être supérieure. Les entreprises ont donc tout intérêt à mettre en place des conditions de travail qui stimulent le bien-être et la performance. Les dimensions collectives à prendre en compte sont l'organisation du travail, les responsabilités, le management, la communication, le développement des compétences et les relations au travail.

De manière individuelle, les entreprises peuvent proposer des formations à la gestion du stress et aux techniques de pleine conscience afin de permettre aux salariés de mieux gérer des situations exigeantes. Cependant, avant de se concentrer sur l'individu, il faut d'abord mettre en place des mesures collectives afin de réduire les sources de stress au lieu de traiter les symptômes.

 

Comment jugez-vous les initiatives prises au quatre coins du monde afin de favoriser le bien-être au travail et l'équilibre vie personnelle-professionnelle ? Suivez-vous des tendances particulières ? Lesquelles ?

En général, je pense qu'il est très positif que ces sujets soient de plus en plus à l'ordre du jour parce qu'il reste encore beaucoup d'évangélisation à faire. Personnellement, je suis beaucoup les tendances en matière de neurosciences et surtout les études scientifiques qui prouvent l'efficacité des approches de bien-être au travail et un ROI positif pour l'entreprise. Havard est la grande référence pour moi.

Par contre, toutes les approches proposées sur le marché et labellisées "bien-être" ne sont pas forcément valables et tombent plutôt dans la catégorie "wellness". Par exemple, offrir des massages en entreprise, des tables de ping-pong et des consoles de jeux vidéo peut certainement amener un peu de plaisir à vos salariés mais il ne faut pas en attendre d'autres bénéfices qu'une demi-heure de "fun". Les consoles de jeux vidéo sont même contre-productives si vous avez passé toute la journée devant votre ordinateur. La dernière chose dont votre cerveau a besoin pour se régénérer est d'un autre écran !

Si vous voulez que vos salariés se sentent bien au travail, il faut traiter des sujets plus en profondeur, tels que le style de management, les relations au travail, les questions de flexibilité et de responsabilité, le management du changement, le développement des compétences, etc.

 

Comment percevez-vous le marché ? Quelles sont ses perspectives ?

Nous nous apercevons que de plus en plus d'entreprises prennent conscience que le "vieux modèle en vigueur" n'est plus adapté aux challenges de cette nouvelle économie et que le développement du capital humain est le vrai garant de leur futur succès.

Néanmoins, il subsiste encore une différence entre la prise de conscience et la mise en œuvre. Le changement fait peur à tout le monde et je pense que certains dirigeants préféreraient continuer avec les approches qu'ils ont toujours connues et qui ont fonctionnées par le passé.

Mais beaucoup d'entreprises rencontrent actuellement des difficultés, comme des taux d'absentéisme élevés liés à un niveau de stress au-delà du supportable, des cas de burnout, des difficultés à être perçu comme un employeur attractif pour les jeunes générations, un manque d'engagement et d'implication des salariés... Ce sont ces difficultés qui vont obliger les entreprises à adapter leurs modèles. Dans les années à venir, aucune entreprise ne pourra ignorer le sujet du bien-être et de la performance de ses salariés.


Publié le 09 juillet 2018