Par Michel Moutier, Partner, MLC Advisory.

Diriger une start-up est un acte essentiel car la qualité de l’équipe de management est un critère clef pour les investisseurs. Cependant, être manager et devenir leader n’est souvent pas la préoccupation première des fondateurs. 4 points essentiels à prendre en compte :

1. S’installer mentalement dans une posture de leader

Le premier acte managérial à accomplir est personnel. Il faut que les futurs dirigeants endossent dès le départ leur costume de leader, ce qui est avant tout une démarche mentale. Plus que dans tout autre type d’entreprise, cela implique d’être en permanence le dépositaire de la vision du projet autant vis-à-vis de l’interne que de l’externe. Ceci est particulièrement crucial lors des premiers pas de la future start-up car personne d’autre ne peut matérialiser la vision ; c’est la raison pour laquelle les investisseurs sont autant attachés à la personnalité des fondateurs. Le fait d’incarner la vision contribue à donner du sens ce qui constitue un élément de motivation important pour les collaborateurs des générations Y et Z. Concrètement, endosser ce costume de leader signifie connaître quelques règles et principes clefs et se les approprier en y injectant sa personnalité.

 

2. Elaborer des règles de fonctionnement

Même si par nature une start-up doit être agile pour coller au plus près aux besoins du marché et saisir les opportunités pertinentes, il y a néanmoins un besoin d’un minimum de règles et principes de fonctionnement pour garantir l’efficacité. Ces règles peuvent par exemple concerner les réunions, le partage de l’information, la prise de décision, … L’un des rôles du leader sera d’élaborer et de communiquer ces principes et d’être bien entendu le premier à les faire vivre au quotidien. Ce « cadre » va permettre d’être immédiatement efficace, et de pouvoir facilement intégrer et rassurer les nouveaux venus.

 

3. Savoir fédérer et responsabiliser

L’engagement des salariés est absolument fondamental pour que le projet se développe, ce qui nécessite de savoir rassembler, fédérer autour d’une ambition et d’une envie commune pour que chacun donne le meilleur de lui-même. Cela passe par une communication sur la vie de l’entité à tous les membres de l’équipe, une valorisation du travail de chacun au quotidien, la célébration de moments spécifiques. Cette capacité à fédérer est également très importante lorsque l’entreprise a des collaborateurs géographiquement éloignés avec lesquels elle travaille à distance pour qu’ils se sentent totalement partie prenante dans l’aventure.

Par ailleurs, les collaborateurs de ces structures appartiennent à des générations qui attendent un style de leadership « moderne » et participatif. Cela se traduit par une manière de diriger qui responsabilise, autonomise et favorise la prise d’initiative dans un cadre néanmoins défini.

Concrètement cela signifie recueillir les avis et opinions sur les différents thèmes à traiter, responsabiliser rapidement, pratiquer la concertation pour impliquer le plus possible. Ainsi, ceux qui en montrent l’envie et les aptitudes vont comprendre qu’il pourrait être possible pour eux de se développer au sein de la structure. Ce style va également avoir un impact lors de la phase de recrutement ou la capacité à prendre et assumer rapidement des responsabilités doit être analysée. Mais il faut également savoir recadrer, lorsque les circonstances l’exigent pour faire grandir ses collaborateurs, mais également rappeler que même si l’ambiance et les modes de fonctionnement sont très « friendly », il y a un et un seul pilote dans l’avion.

 

4. Prendre du recul et faire preuve de stabilité émotionnelle

Plus que dans tout autre univers, travailler dans une start-up nécessite de savoir et pouvoir vivre avec l’inconnu. Entre l’idée et le projet de départ et la trajectoire de la future entité, il peut y avoir des écarts parfois conséquents. Diriger implique de faire preuve de recul et de stabilité émotionnelle pour minimiser l’importance des « up and down », qui peut se traduire par un comportement euphorique et un syndrome de grosse tête d’un côté, ou une vue pessimiste de l’autre. Ce comportement va également contribuer à rassurer les collaborateurs pour lesquels le(s) fondateur(s) constituent un point de repère.

 

Surmonter les challenges pour diriger une start-up

Susciter de l’enthousiasme, rassembler, donner envie, partager, célébrer et beaucoup s’investir, tout en restant en permanence très proche de la réalité afin de ne pas prendre de décision inconsidérée et accepter la réalité telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait qu’elle soit.

Les fondateurs sont portés par une idée business, mais n’ont pas forcément de notion de leadership qu’ils sont obligés « d’apprendre en marchant ». Ils dirigent des équipes qui ont le même âge qu’eux et qui doivent néanmoins les reconnaître en tant que leaders. Ils doivent faire preuve de beaucoup de maturité et de stabilité émotionnelle pour gérer les bonnes et mauvaises nouvelles liées inhérentes au développement de leur activité, tout en maintenant le cap pour rassurer leurs équipes et les investisseurs.


Publié le 08 novembre 2018