C’est une tradition millénaire, qui aurait pu inspirer le Luxembourg. Car rien n’a jamais empêché les islandaises de jouir d’un certain prestige au sein d’une société plutôt patriarcale, d’assurer la pérennité des institutions, l’Althing par exemple. Ce parlement millénaire - à parité parfaite au passage - vient de déclarer illégal les inégalités de salaire entre homme et femmes pour toute société ou entité publique employant 25 personnes ou plus.

Il a fallu des coups d’éclats néanmoins. Ceux qui ont vibré pendant les seventies se rappellent peut-être le fameux Women’s Day Off : une grève monstre des femmes, suivi à 90%, qui a permis aux hommes de comprendre ou se rappeler le rôle indispensable des femmes. Mieux : cinq ans plus tard, Vigdís Finnbogadóttir, une mère célibataire, fut élue présidente, une première mondiale. 

Aujourd’hui, pas un ComEx autorisé avec moins de 40% de femmes en Islande. Le combat n’est pas fini pour ce pays déjà en tête du Global Gender Gap Index du Forum économique mondial (WEF), et qui veut atteindre l’égalité parfaite en 2020. 

 

Au Luxembourg, on préfère encourager l’égalité. Le Ministère de la Promotion Féminine, créé en 1995 et rebaptisé Ministère de l’Egalité des Chances en 2004, a fortement contribué à améliorer la situation dans le pays. Les lignes bougent, les écarts diminuent, les Actions Positives portent peu à peu leurs fruits, avec un écart salarial tombé à 5,6%. Des sanctions sont même prévues, pouvant atteindre 50.000€ en cas de récidive.

Pour vous évaluer, un guide d’utilisation du logiciel Logib-Lux est disponible en ligne. Un bémol, le lien proposé vers le logiciel pour entrer vos données (http://www.mega.public.lu/actions_projets/ecart_salaire/index.html) renvoie vers une erreur 404 : la page n’existe pas.

 

Reste que le débat demeure entre promouvoir et légiférer. Irma Erlingsdóttir, directrice du centre de recherche islandais sur l’égalité des genres, a un avis tranché sur le sujet : légiférer d’abord, pour que les mentalités évoluent ensuite. Elle n’est pas la seule.

La Norvège est un exemple d’évolution des mentalités consécutive à une législation ambitieuse. Et cela commence à irriguer tous les domaines : en octobre dernier, les joueurs de l’équipe nationale de football ont accepté de baisser leurs émoluments pour que leur consœurs - qui ont des performances supérieures au passage - disposent des mêmes revenus. Chapeau Messieurs.


Publié le 04 janvier 2018