Les professionnels de la communauté RH de la Grande Région se donnaient rendez-vous le matin du mardi 5 décembre chez Namur pour le dernier petit-déjeuner HR One de l'année 2017. Au programme : des conférences d'experts sur le thème de l'accompagnement et de l'évolution des talents. 

C'est tout d'abord Fabien Amoretti, CEO de Farvest, qui prononçait un mot d'ouverture afin d'introduire les thèmes et enjeux de la matinée, rappelant que le domaine des ressources humaines était à un tournant de leur développement en termes de gestion de talent et d'expérience employé, au moment où l'intelligence artificielle réforme la nature des emplois, où les compétences se transforment via le digital et où "le quotient intellectuel est remplacé par les quotients émotionnels et créatifs".

 

Fabien Amoretti tendait d'abord le micro à Stephan Atsou, Director Continental Europe chez Crossknowledge, pour une conférence intitulée : "No learning, no transformation". Stephan Atsou est notamment revenu sur l'importance pour une entreprise d'être en capacité de se transformer afin de survivre. Bien que la transformation soit souvent qualifiée d'entrepreneuriale, elle est également aujourd'hui une transformation intrapreneuriale, venant des propres collaborateurs de l'entreprise. Et puisque la source de survie est toujours venue à l'Homme par l'apprentissage, les DRH ont un rôle déterminant à jouer dans cette prise d'initiatives, et ce en trois actes : la prise de décisions stratégiques, le choix des outils et des moyens d'organisation et l'alignement des forces humaines sur ce nouveau processus.

Que ce soit à travers le Learning & Development (L&D) ou le Human Resource Development (HRD), la transformation n'est pas un processus singulier et linéaire, mais arrivant par vagues multiples. Sur quels leviers dès lors appuyer pour devenir une "organisation apprenante" ? Stephan Atsou en distingue six, imbriqués les uns sur les autres : à la base se trouve le leadership, sur lequel reposent la responsabilité, l'autonomie de l'individu et le partage des connaissances. Restent alors trois leviers basés sur les trois premiers cités : les opportunités de transformation, le support logistique donnant de la responsabilité et surtout des moyens aux individus de devenir des intrapreneurs, et enfin de l'espace physique pour apprendre, au-delà du simple bureau. Un accent mis sur la formation des talents, qui permet à Stéphane Antsou de conclure sur cette citation de l'écrivain Yukio Mishima : "What transforms this world is knowledge. Nothing else can change anything in this world".

 

Ce fut ensuite au tour de Séverine Jones, Soft Skills Senior Trainer & Consultant chez KeyJob Luxembourg, de prendre la parole sur le thème des softs skills et cette question en clin d'œil à une célèbre série de Netflix : "Are soft skills the new black ?"

Les soft skills sont, comme le rappelle Séverine Jones, "les compétences transversales et comportementales, qui, en s'opposant à l'apprentissage technique, aident à notre développement et à celui des autres". Ces qualités possédées par chacun plus ou moins consciemment peuvent être réparties en quatre catégories : la connaissance de soi, la relation avec les autres, l'action et les dimensions cognitives.

A l'heure du XXIème siècle, de la digitalisation, de l'information en instantané et en illimité, le monde du travail évolue et ce phénomène transforme notre mode de vie, ce qui exige de nouvelles compétences, majoritairement des soft skills. Selon Séverine Jones, ces compétences "complètent les savoir-faire techniques et permettent de s'adapter au changement, d'améliorer la performance des individus sur des tâches variées et de mieux gérer les relations humaines", et ainsi de créer une synergie dans l'entreprise, dotée d'un capital en soft skills bénéfique.

En rendant les salariés "acteurs de leur développement", les RH font ainsi resurgir des compétences comportementales nécessaires au développement et vitales pour la survie de l'entreprise. De plus, comme le dit Séverine Jones : "les soft skills ne périment pas, contrairement aux compétences techniques".

 

Ce fut enfin au tour de Frédéric Hieronimus, Head of Training and Development chez BGL BNP Paribas, de partager avec les professionnels RH sur la désintermédiation de la formation aujourd'hui et l'accès à l'info de manière directe et rapide, avec comme question : "Uberisation de la formation : mythe ou réalité ?".

Fréderic Hieronimus a d'abord fait un rapide état des lieux dans la façon d'apprendre à travers l'Histoire. Alors qu'hier la formation se faisait en rapport avec un maître formateur, une personne physique, les temps modernes et les révolutions technologiques ont bousculé les méthodes pédagogiques. Cette uberisation, qui se traduit par une rapidité et une facilité d'accès à la formation, est disponible sous de multiples formes, et surtout gratuite. Elle possède également de nombreux avantages, de par le contenu massif qu'elle propose et sa disponibilité instantanée.

Cela a donc un impact sur plusieurs domaines pour Fréderic Hieronimus. Outre le contenu, les outils de formation doivent s'adapter : "On passe du LMS au LEP : Learning Experience Platform. C'est le collaborateur lui-même qui va démarcher pour trouver les contenus. Les outils doivent donc être ergonomique, et l'expérience collaborateur a ici toute son importance". Les RH et les fournisseurs de formation doivent également se doter de nouvelles compétences.

Alors, l'uberisation de la formation est-elle une réalité ? Pas entièrement selon Fréderic Hieronimus, qui explique que "nous sommes partiellement dans le mythe et la réalité puisque toutes les méthodes d'apprentissage présentes depuis la nuit des temps existent encore et sont ainsi complétées par d'autres dispositifs pédagogiques".

 

Benjamin Garnier

 


Publié le 05 décembre 2017