Par Juliane Nitsche, co-fondatrice de MLC Advisory et experte en bien-être et performance au travail.

Notre attraction, ou faut-il plutôt dire addiction, aux outils digitaux a altéré d’une manière permanente notre capacité à focaliser notre attention, à se concentrer et à produire du travail de qualité.

Presque chaque personne active connaît le scenario suivant : on commence sa journée avec de bonnes intentions de productivité, comme “finir le rapport financier” ou “améliorer le plan marketing” et tout à coup, on se rend compte qu’il est déjà presque l’heure de rentrer chez soi et nous n’avons presque pas avancé sur nos projets. A chaque fois que vous essayez de vous concentrer sur votre travail, un ding, un ping ou une vibration arrête votre progression.

Les réseaux sociaux et les emails sont nos distractions les plus pénibles. Même si éteindre, tout simplement, nos portables paraît une solution viable, le problème est devenu bien plus profond.

 

Travail profond = satisfaction

Deep work, ou en Français « travail profond », est une activité mentale exigeante qui nécessite l’activation de nos capacités cognitives afin de produire des résultats à valeur ajoutée, innovants et de bonne qualité, et qui nous pousse vers une expansion de nos capacités. Le « travail profond » a comme résultat une amélioration qualitative de notre output et une augmentation quantitative de ce que nous produisons. Bref, ce que nous devrions réussir chaque jour au travail.

L’état de travail profond se produit quand nous nous concentrons sur une tâche cognitive sans interruption. Vous travaillez sur la tâche autant que votre cerveau est capable de tenir l’attention sans interruptions. Travailler sur une tâche en mode « deep work » génère des résultats bien plus satisfaisants que de travailler d’une manière distraite et fractionnée – comment nous travaillons d’habitude.

 

Travail superficiel = fatigue mentale

Le travail profond est le contraire du travail superficiel (shallow work) qui consiste à faire des tâches que presque tout le monde peut réaliser avec un minimum de formation, comme alimenter les réseaux sociaux, répondre aux mails, planifier des tâches, etc. Malheureusement, et si nous sommes honnêtes, ces tâches sans valeurs ajoutées nous maintiennent « busy » toute la journée. La plupart des gens ne travaillent que cinq à dix minutes avant de jeter un œil sur leur portable ou leur boîte mail. 

Un des autres effets non-désirables du travail superficiel est la fatigue mentale. Sauter d’une activité à l’autre n’altère pas uniquement nos capacités cognitives mais consomme également beaucoup d’énergie. Le résultat : vous sortez du travail avec une sensation d’épuisement et d’insatisfaction.  

 

La qualité de notre travail et notre productivité souffrent

Il y a de plus en plus d’études qui estiment que nous sommes complètement accros aux outils digitaux et que nous créons une culture de la distraction – et les données en provenance des Etats-Unis disent la même chose : L’output par heure (un taux standard pour mesurer la productivité) était de 3% dans les années 1945 à 1970, et est tombé à 0,5% depuis 2010. Le dernier taux d’amélioration de productivité mesuré à même donné un taux de -0,4% !

 

De la même manière qu’un athlète s’occupe de sa forme physique, nous devrions nous occuper de nos capacités cognitives

Adopter le mode de travail “profond » ne veut pas simplement dire se réserver des périodes de travail plus longues. Nous devons nous occuper de notre attention avec beaucoup de respect, de la même manière qu’un athlète s’occupe de sa forme physique. Ceci implique également de réapprendre à son cerveau à garder le focus.

Le travail profond nécessite des périodes prolongées de concentration sur une problématique. Pour moi, cela peut être l’analyse et l’interprétation de données d’un de mes clients, la rédaction d’un article comme celui que vous lisez en ce moment où la création d’une formation pour répondre aux demandes de nos clients. Pour vous, cela peut être quelque chose de similaire ou chaque autre type de travail qui requiert votre concentration afin de produire un résultat avec valeur ajoutée.

 

Il n’est pas question de diaboliser les outils digitaux mais il faut savoir contrebalancer les effets non-désirables

Le design d’Internet en fait une machine à interruption, et les réseaux sociaux et applications utilisent le même principe de renforcement, un procédé qui augmente la probabilité de répétition d'un comportement, comme les machines à sous au casino.

Si nous arrivons à nous préserver au moins une heure de travail profond et sans interruption par jour, la plupart de nos problèmes de gestion du temps seront résolus immédiatement.

Si vous souhaitez vous engager plus souvent dans un mode de travail profond, il faut réapprendre à votre cerveau à garder l’attention et à se concentrer. Il serait bénéfique de commencer déjà à l’école mais de savoir comment bien utiliser notre cerveau est indispensable pour chaque personne qui s’en sert pour gagner sa vie.

Et rien n’est perdu ! Notre cerveau est en constante évolution et capable d’apprendre à chaque âge. Il y a des techniques de concentration et des stratégies de gestion de l’attention qui nous permettent de recréer des connections neuronales qui vont augmenter notre capacité de travail profond et améliorer la qualité de ce que nous produisons. Des techniques de méditation et de Mindfulness at Work sont également particulièrement adaptées pour contrebalancer les effets néfastes de nos outils de travail.

 

Nous avons développé une série de Lunch & Learn autour de la thématique du bien travailler intitulée « Mindful Working » qui donne les clés de la performance, de la productivité et de la satisfaction à vos salariés. Téléchargez la brochure ICI.


Publié le 11 février 2019