La Chambre des Salariés Luxembourg, en collaboration avec l'Université du Luxembourg, vient de partager les résultats de sa 6ème enquête "Quality of Work Index". Les salariés du Luxembourg sont alors interrogés sur leurs conditions de travail et la qualité de travail. Les sujets de l’étude "QoW" sont entre autres les exigences et les charges de travail, les heures de travail, la coopération entre collègues, les marges de manœuvre au travail, les possibilités de formation continue et d'avancement, la participation aux décisions dans les entreprises et bien plus encore. Ci-dessous, retrouvez les conclusions de cette enquête.

La durée hebdomadaire de travail souhaitée pour les hommes et les femmes travaillant à temps plein est inférieure à 40 heures par semaine : 38,7 heures pour les hommes et 36,3 heures pour les femmes. Si on part du principe que le temps de travail est temps de vie, la réduction générale du temps de travail sans réduction du salaire serait un véritable progrès social réalisable et réaliste dans le contexte actuel des progrès technologiques, où les processus de fabrication sont de plus en plus abrégés avec à la clé des gains en efficacité et en productivité. La majorité des études sur la productivité et les horaires de travail concluent que le temps de travail idéal se situait sous les 40 heures, et même proche des 36-37 heures par semaine. Parallèlement, l’imposition de l’utilisation des robots et/ou des algorithmes dans la production et les services pourrait servir à créer des fonds pour alimenter le système de sécurité sociale ou l’éducation, par exemple. La réduction du temps de travail est aussi un moyen de mieux répartir le travail et de lutter contre le surmenage des uns et le sous-emploi des autres.

Malgré toutes les tendances à la flexibilité : aujourd'hui encore, l'emploi permanent avec des horaires de travail réguliers et la protection contre les heures supplémentaires n'est pas une mauvaise forme de travail lorsqu'il s'agit de concilier vie et travail. C'est certainement une question d'organisation personnelle et de préférences. Néanmoins, l’existence de différents souhaits et besoins, qui plus encore varient au cours de la vie, montre qu'il ne peut y avoir de recettes universelles.

L’analyse des résultats de notre étude a d’ailleurs montré que plus l'entreprise offre des mesures favorables à la famille, plus les conflits entre le travail et la vie personnelle sont réduits et plus le degré de satisfaction et de motivation au travail est élevé. Même le bien-être général augmente avec le nombre de mesures favorables à la vie familiale et le risque d'épuisement professionnel et de problèmes de santé diminue. La liberté de décision au niveau des horaires de travail, élément important de l’autonomie au travail, prend alors tout son sens.

Outre les formes de temps de travail classiques telles que le travail à temps partiel, le travail posté et l'horaire flexible avec des horaires de base, les nouveaux concepts sont surtout les comptes épargne-temps et le temps de travail au choix – dans certains cas également liées au télétravail alternatif – permettant aux salariés de concilier les nombreuses exigences différentes. Autre solution pour réunir protection du salarié et flexibilité du travail est le droit à la durée de travail précédente après le retour d’un temps de travail partiel. Combiné à un droit général au travail à temps partiel temporaire, il permet aux travailleurs d’adapter leurs horaires de travail à la phase actuelle du cycle de vie sans pour autant tomber dans un piège « temps partiel » comme ça arrive souvent à des parents d’enfants en bas âge (notamment aux mères d’enfants).

La porosité des frontières entre la vie au travail et la vie en dehors du travail est un autre défi pour trouver un équilibre sain entre la vie professionnelle et la vie privée. Les salariés qui déclarent qu'ils ont moins d'occasions de « décrocher » de leur travail pendant leur temps libre sont exposés à des risques pour leur santé physique et mentale. Il faudrait prévoir un véritable droit à la déconnexion qui donne la possibilité aux salariés de ne pas se connecter aux outils numériques et de ne pas être contacté par leur employeur en dehors de leur temps de travail (congés payés, jours de repos, week-ends, soirées...). Toute autre forme qui se contente de donner le droit individuel de ne pas répondre à des messages reçus et/ou lus (smartphone, internet, email, etc.) n’arrête pas le risque de stress lié à la porosité des frontières entre la vie professionnelle et la vie privée. En effet, recevoir des messages de son chef sur son portable ne permet pas de se détacher mentalement de son travail et détériore la qualité du repos et le bien-être du salarié.

 

Pour consulter l'étude complète, suivez ce lien : www.csl.lu/bibliotheque/publications/b247804ef7.pdf

 

Source : CSL


Publié le 28 novembre 2018