Par Gwladys Costant, fondatrice de GoToFreedom.

J’entends régulièrement cette phrase en entretien et je m’interroge. Mais pourquoi donc ne pourrait-il pas changer de travail après demain si ce n’est pas demain ?

A cette remarque, s’ajoute classiquement un « mais je ne suis pas pressé, j’ai quand même un certain confort dans mon travail et je ne veux pas prendre de risque ». Là encore, je m’interroge : ce candidat se mettrait donc une pression pour changer de travail « maintenant ou jamais » mais sans vouloir « se mettre en danger ». Voici une équation difficile à résoudre, par conséquent un candidat difficilement « présentable ».

 

Les réponses que je tente d’apporter sont les suivantes :

1. Notre carrière est longue, habituons-nous à considérer les changements comme devant être réguliers, en interne et/ou en externe de notre société. Si vous ne vous remettez pas en question, votre employeur le fera pour vous, sans prendre potentiellement en compte vos considérations personnelles. Ayez une longueur d’avance, prenez régulièrement la température du marché et de ses tendances.

2. Dois-je en déduire que nous avons une date de péremption ? Sommes-nous un produit consommable comme un autre ? Je ne le crois pas. La séniorité nous fait monter en compétences ainsi qu’en flexibilité j’en suis persuadée à la condition de le désirer. Nous assimilons à tort jeunesse à flexibilité, séniorité à rigidité. Mon expérience personnelle m’amène à constater que ce n’est pas toujours vrai (ni faux). C’est en effet avant tout une question d’individu.

3. Ne nous mettons pas dans des cases et n’élevons pas les barrières de l’impossible. Si vous souhaitez que l’on pense à vous pour des projets différents, innovants, modernes, ne vous mettez pas dans la case de celui qui a 40 ans et qui pense que s’il bouge, ce sera sûrement pour son dernier « move ». Si vous souhaitez être « in », ne vous mettez pas « out ». Dans l’exemple cité, vous êtes juste en milieu de carrière. Que de possibilités à venir !

4. Formez-vous ! Rien n’est acquis, certainement pas les compétences techniques dont chacun d’entre nous perçoit à quelle vitesse elles peuvent devenir obsolètes. Mais votre cerveau ne l’est pas si vous vous entrainez à apprendre plutôt qu’à maîtriser. L’agilité est devenue maître dans nos sociétés. Changeons de paradigme et apprenons à apprendre.

 

Pour toutes ces raisons, je ne pense pas qu’il existe d’âge précis pour changer de travail.

Notre deuxième partie de carrière (après 40 ans en général) est me semble-t-il plus challengeante compte tenu des tendances marché qui favorisent actuellement le recrutement des juniors. Toutefois, un monde d’opportunités s’offre à ceux qui auront l’adaptabilité et surtout l’envie de croquer leur carrière à pleine dents. La maturité est rassurante et les entreprises ont besoin de diversité.

 

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans (dixit Rimbaud), on n’est pas obligé de l’être non plus à 40.

 

NB : candidat dans le texte se conjugue aussi au féminin.


Publié le 06 novembre 2018