Le Ministre du Travail, Nicolas Schmit, et son équipe ont travaillé en étroite collaboration avec l'Association des cercles d'étudiants luxembourgeois (ACEL) pour clarifier la situation des stagiaires. Le but est d'améliorer l'offre de stages, tant quantitativement que qualitativement.

Depuis 1982, la législation en la matière n'a pas évolué alors que dans la pratique, il devient difficile de terminer un cursus sans accomplir un stage en entreprise. Un écart en passe d'être corrigé puisque depuis six mois, le ministère du Travail et l'ACEL se concertent afin de trouver un nouveau cadre satisfaisant pour tout le monde. Ce lundi 5 mars, Nicolas Schmit et Pol Lutgen, président de l'ACEL, ont présenté le fruit de ce semestre de labeur, le Ministre insistant sur la paternité conjointe du texte et l'investissement des étudiants pour garantir à leurs confrères une certaine qualité dans leurs stages.

Ce nouveau projet devrait donc faciliter l'accès aux stages en entreprises pour les étudiants et par la suite leur entrée sur le marché du travail. Il s'agit donc d'un appel du pied aux employeurs, qui doivent accueillir davantage de stagiaires dans leurs équipes, sans tomber dans l'exploitation. De son côté, le Ministre a aussi souhaité insister sur les bienfaits que les étudiants peuvent apporter aux entreprises. Une situation dans laquelle tout le monde est gagnant. Validé par le Conseil de gouvernement, le texte doit encore passer par la Chambre des députés et le Conseil d'Etat.

Concrètement, le projet présenté lundi devrait venir compléter le Code du travail, obligeant donc les employeurs à appliquer les dispositions concernant les congés, la santé et la sécurité au travail aux stagiaires. En outre, il distingue deux types de stages, obligatoires et conventionnés par un établissement scolaire ou volontaires. Pour les premiers, la durée maximale est fixée à neuf mois et la rémunération est facultative, selon la convention établie entre le stagiaire, son employeur et son établissement scolaire.

Pour les seconds, effectués volontairement pour acquérir de l'expérience, la situation est plus complexe. En deux ans, un jeune pourra effectuer des stages pour un total maximum de douze mois, sans en faire plus de six pour le même employeur. Un stage d'un mois ou moins ne devra pas obligatoirement être rémunéré. Entre un et trois mois, le salaire est fixé au moins à un tiers du salaire minimum non-qualifié, soit 666,20 euros. Entre trois et six mois, ce barème est revu à la hausse pour atteindre la moitié de ce salaire minimum non-qualifié, soit 999,30 euros.

Enfin, afin d'éviter toute forme d'abus de la part des entreprises, un registre des stagiaires sera mis en place, sous le contrôle de l'Inspection du travail et des mines, qui s'assurera qu'une même organisation n'accueille pas plus de 10% de stagiaires au sein de son effectif et qu'elle respecte les dispositions du Code du travail relatives aux congés et au temps de repos, par exemple. Déposé au Parlement cette semaine, le texte pourrait déjà entrer en vigueur à la rentrée de septembre. C'est du moins ce que souhaitent ses auteurs.

 

Photo : ACEL


Publié le 09 mars 2018