Au tour de Philippe Linster (CEO, House of Startups) de participer à la série “5 Under 35” et de répondre à nos questions.

Si vous pouviez remonter le temps et que vous aviez la possibilité de donner un conseil au petit garçon/petite fille que vous étiez, quel serait-il?

Live your life ! C’est votre vie, alors faites ce qu’il vous plaît et ne vous laissez pas imposer quoi que ce soit par qui que ce soit. Mais cela était difficile à expliquer au petit garçon que j’étais car, à cet âge-là, nous obéissons à ce qui nous est demandé.

Alors je donne plutôt le conseil suivant aux parents : laissez votre enfant trouver sa voie, que ce soit pour ses loisirs ou pour son parcours professionnel et soutenez-le. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ne m’ont jamais rien imposé.  Je pouvais exercer les loisirs qui me plaisaient et faire les études en adéquation avec mes capacités. Aujourd’hui, je suis un chemin complètement différent de celui de toute ma famille, mais j’ai une profession qui me comble et différentes passions qui n’ont aucun rapport entre elles : je suis tout à la fois actif dans l’écosystème des startups, je joue aux échecs et je suis aussi arbitre international de handball !

 

Avec du recul, changeriez-vous certaines des décisions professionnelles que vous avez prises ? Pourquoi ?

Honnêtement non ! Bien sûr, quand j’ai quitté la Banque de Luxembourg en 2017 pour rejoindre la House of Entrepreneurship lancée par la Chambre de Commerce en 2016, je me suis posé la question de savoir si j’avais pris la bonne décision. Mais ce doute a vite disparu.

Aujourd’hui, à 31 ans, j’ai la chance de mener ce projet passionnant qu’est la House of Startups. Et je dois remercier la Chambre de Commerce de m’avoir donné cette opportunité et d’avoir choisi, en interne, un jeune collaborateur pour occuper un poste de CEO. La Chambre de Commerce a envoyé un message important aux entreprises en me nommant à ce poste.

 

Nous nous revoyons dans 5 ans. Vous me diriez que vous avez réussi professionnellement s’il s’est passé quoi ?

J’ai rejoint la House of Startups en janvier 2020 avec des idées et des projets plein la tête mais, après 2 mois, tout a été chamboulé par la crise COVID. Mon équipe et moi-même nous nous sommes retrouvés à effectuer du télétravail, et la situation nous a obligé à trouver de nouvelles idées afin d’aider nos startups et notre communauté à surmonter cette crise.

Nous avons fait preuve d’agilité et d’un commun accord entre les 3 incubateurs principaux (le Luxembourg-City Incubator, la Luxembourg House of Financial Technology et le Village by CA), nous avons fait un geste sur les loyers demandés aux startups de la House of Startups. De plus, nous avons lancé fin avril l’initiative « Hack the crisis » avec Farvest et Docler Holding afin de trouver de nouvelles solutions pour lutter contre la crise. En 3 semaines, plus de 200 personnes et 60 mentors y ont participé, ce qui est à peine croyable ! Nous avons pu récolter EUR 15.000 que nous avons reversé à 100% à la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse afin de soutenir un projet dans l’inclusion digitale.

En 5 ans, j’espère avoir contribué au développement de l’écosystème startup fleurissant au Luxembourg avec de belles jeunes pousses qui auront réussi à l’international comme on peut déjà le voir aujourd’hui avec Talkwalker, Job Today et Food4all et pleins d’autres.

 

Quel a été l'impact des relations humaines dans votre « jeune » carrière ?

Elles ont eu un rôle primordial, je ne serais pas où je suis maintenant sans avoir eu différents mentors dans ma carrière professionnelle. Durant mon année de Bachelor en droit et gestion d’entreprise à Strasbourg, j’ai effectué un stage de fin d’études et j’ai eu la chance de pouvoir rejoindre le département Entreprises de la Banque de Luxembourg.

Je n’oublierai jamais la façon dont j’ai été accueilli et soutenu lors de ce stage ! J’ai eu un tel plaisir à collaborer avec chaque personne de l’équipe et mon maître de stage a vraiment pris le temps de me former. Il m’a également donné de plus en plus de responsabilités au sein de l’équipe (nous avons même prolongé mon stage après la période obligatoire pour l’université). Toute cette émulation m’a vraiment donné envie de rejoindre ce département après mes études. Ce qui s’est réalisé 2 années plus tard, après mon master, j’ai rejoint la même équipe à la Banque de Luxembourg.

Encore aujourd’hui j’ai toujours un très bon contact avec certains d’entre eux et nous communiquons régulièrement. Récemment, j’ai remercié mon ancien maître de stage lors d’un dîner en lui soulignant le fait que je ne serais pas là où j’en suis maintenant sans son influence. Si je devais donner un conseil aux étudiants, ce serait de faire autant de stage que possible ! Cette expérience est importante et même un mauvais stage vous formera pour l’avenir.

 

Qu'est-ce qui vous motive au quotidien ? Quelles sont vos sources d'inspiration ?

J’ai plusieurs sources d’inspiration : je suis le fils d’un entrepreneur et soutenir l’économie, les entreprises et l’entrepreneuriat à travers la Chambre de Commerce représente un plaisir pour moi. Mais je suis également fasciné par toutes les nouvelles technologies que les développent partout dans le monde et la manière dont cela facilite et optimise notre quotidien.

Je suis quelqu’un qui s’engage beaucoup une fois le challenge accepté, que ce soit dans ma vie privée ou dans ma carrière professionnelle. Prendre du plaisir au travail, créer quelque chose pour notre écosystème et en général pour l’économie, avoir une équipe très compétente et motivée m’apportent une réelle satisfaction.

 

Si vous deviez résumer votre profession en trois mots, quels seraient-ils?

L’esprit d’innovation, la collaboration et l’humain qui est essentiel même si les nouvelles technologies ont une place importante dans le secteur des startups.

 

En dehors du cadre professionnel, comment vous définissez-vous ?

Pour ceux qui me connaissent, je suis quelqu’un de très extraverti qui aime rencontrer des personnes, créer des nouveaux liens, parler et discuter. Je suis également quelqu’un qui s’engage dès le début et je ne fais rien juste parce qu’il faut le faire sinon je me démotive.

En dehors du travail, j’ai deux grandes passions. Tout d’abord, les échecs que je pratique depuis plus de 20 ans. Depuis une dizaine d’années, j’ai représenté le Luxembourg lors de différentes compétitions internationales comme les championnats du monde junior, les championnats d’Europe et les Olympiades d’échecs en Sibérie en Russie, en Azerbaïdjan et en Géorgie.

Depuis 2009, je suis également arbitre de handball, international depuis 2014. Je pratique cette activité avec mon meilleur ami et nous ne sommes rien l’un sans l’autre. L’année dernière nous avons pu arbitrer un match du vice-champion du monde féminin, l’Espagne, et notre objectif est de devenir arbitre à la ligue des champions !


Publié le 25 novembre 2020