Eric Bleyer (Directeur Mobilité et Nouvelles Energies, Total Luxembourg) revient sur les principaux challenges rencontrés par les luxembourgeois – et frontaliers – en terme de mobilité. Il s’intéresse également à la place de celle-ci dans les entreprises et s’exprime quant aux moyens d’accompagnement proposés par Total.  

Quelles sont les principales problématiques en termes de mobilité au Luxembourg ?

Nous avons la chance de vivre dans un pays qui continue à croître démographiquement et en nombre d’emplois. Chaque résident et travailleur frontalier supplémentaire devra être mobile d’une façon ou d’une autre. Un grand nombre d’initiatives ont été pris ces dernières années afin de répondre aux besoins de la mobilité de demain, que ce soit dans la mobilité douce, les transports en commun ou encore dans le transport individuel et partagé en voiture. Toutes ces formes de déplacement auront leur place dans la mobilité du futur, mais le problème est que personne ne peut prévoir la taille qu’occupera chaque élément. A cela se rajoute l’équation des différentes formes d’énergies qui propulseront le transport de demain : l’énergie dans la mobilité du futur n’existera pas dans une seule forme mais dans une combinaison de plusieurs dont les quotes-parts ne sont pas connues. Quoi qu’il en soit nous accompagnerons cette transition énergétique en fonction de l’évolution de la demande.

 

Au Luxembourg, quelle est l’importance de la mobilité pour les entreprises ? Et pour les salariés ?

Il y a une différence entre la mobilité pour rejoindre son lieu de travail et celle qui fait partie du travail.

Les trajets domicile-bureau, qui ne font pas partie de la prestation de travail, ont une grande importance sur le bien-être de l’employé. Plus ce trajet devient compliqué à cause de la congestion par exemple, plus cela nuira au bien-être. Dans cette mobilité, le salarié cherche individuellement la meilleure combinaison entre facilité, confort, budget, temps de trajet etc. – certaines personnes peuvent préférer le confort de la voiture à un temps de trajet plus court en transport en commun, alors qu’une autre personne préféra le transport en commun plus rapide et moins cher. Certaines entreprises essayent de faciliter cette mobilité en mettant en place des solutions co-voiturage, de navettes, de hubs de travail décentralisés ou encore de télétravail.

La mobilité dans le cadre de l’activité de l’entreprise est différente. Dans certains secteurs d’activité, cette mobilité est quasi inexistante, alors que pour d’autres il s’agit du cœur de métier. Les coûts directs liés à cette mobilité (achat/leasing du véhicule, carburant, péages, entretien…) représentent une charge très importante dans les dépenses d’un grand nombre de sociétés. Aussi les coûts indirects (temps, logistiques…) ne sont pas à négliger. Il s’agit donc d’optimiser la mobilité afin de réduire les frais.  

 

Comment les accompagnez-vous dans cette quête d’une mobilité plus propre et plus efficace ?

Notre volonté est de répondre aux besoins de tous nos clients, aujourd’hui et demain. Nous maintiendrons et développerons notre réseau de stations-service qui continuera à proposer les carburants classiques qui occuperont encore longtemps une place importante dans la mobilité. Nous continuons à développer notre réseau de pompes AdBlue® (produit qui permet de réduire les oxydes d’azote des véhicules diesel équipés du système SCR) qui est déjà aujourd’hui le plus grand du pays.

Nous accompagnons les sociétés qui osent les premiers pas dans la mobilité électrique, en choisissant des véhicules hybrides ou full-électriques, en leur proposant déjà maintenant une carte multi-énergie qui permet de faire le plein de carburant en station et aussi de recharger la partie électrique sur un large réseau de bornes de recharge publique en Europe, dont Chargy au Luxembourg. 

Dans un futur proche, nous proposerons aux professionnels des solutions électriques complètes pour leurs flottes, de la borne électrique au flux financiers. Nous sommes également en pourparlers avec plusieurs parties prenantes pour développer une offre hydrogène dans le cadre d’une station-service publique proposant cette énergie.

Notre volonté est d’accompagner tous les acteurs dans la transition énergétique, en ligne avec l’ambition du groupe Total de devenir la major de l’énergie responsable.

Au-delà de l’énergie, nous travaillons sur une multitude de solutions novatrices qui permettront aux acteurs de mieux gérer leurs flottes ainsi que la mobilité de leurs employés en général et nous continuons à développer notre offre péage pour les véhicules lourds.

 

Comment voyez-vous ces challenges évoluer dans le futur ? Comment la société Total anticipe-t-elle de tels changements ?

Le choix de l’énergie de propulsion d’un nouveau véhicule est devenu un vrai casse-tête, entre les diesels et essences classiques, les diesels et essences hybrides, hybrides rechargeables et non-rechargeables, électriques ou encore gaz naturel. Demain l’hydrogène pourra être une variable supplémentaire. Toutes ces formes d’énergie présentent des avantages et des désavantages et le meilleur choix dépend des besoins et conditions individuels des clients. Les débats sur ces sujets sont très polémisés et n’en présentent jamais une image complète.

Notre rôle est d’accompagner le marché et nos clients à y avoir accès. C’est la raison pour laquelle nous nous positionnons sur tous les marchés, puisque chaque forme d’énergie et de mobilité aura son rôle à jouer à moyen et long terme.  

 

Réalisée avec Total Luxembourg


Publié le 09 novembre 2020