Philippe Moulin, CEO de DriveQuant, répond à nos questions sur l'évolution du secteur et la place de la technologie dans celui-ci. Il participera, le 26 novembre prochain, au Mobility Summit, qui se déroulera lors de Human Capital Europe.

Quel est le constat derrière la création de DriveQuant ?

Olivier Grondin et moi-même avons décidé de fonder DriveQuant en février 2017 après plusieurs années de recherche et d’innovation particulier sur l’optimisation de la consommation énergétique et la réduction des émissions polluantes des véhicules motorisés (thermiques et électriques/hybrides) à IFPEN (Institut Français du Pétrole et des Énergies Nouvelles).

Notre constat était simple : beaucoup parlaient déjà de véhicules connectés voire autonomes, mais pour connecter la majorité des véhicules nous pouvions encore attendre 10, 20 ou 30 ans. Nous souhaitions alors être en mesure de « démocratiser » notre innovation pour permettre de fournir, dès aujourd’hui, et au plus grand nombre, des services connectés à forte valeur ajoutée à l’ensemble des professionnels de l’automobile et de la mobilité, en transposant les algorithmes issus de notre recherche sur le smartphone.

Aujourd’hui, nous proposons des services connectés aux conducteurs permettant notamment d’améliorer la sécurité routière, de diminuer l’impact environnemental de la conduite et la consommation de carburant, mais aussi d’estimer l’usure des pneumatiques et des freins (maintenance prédictive).

 

Comment la technologie a-t-elle révolutionné la mobilité ?

Jusqu’à très récemment, la télématique embarquée impliquait l’installation d’un boîtier au sein du véhicule, et les informations remontées étaient uniquement en rapport avec son utilisation (consommation, géolocalisation, kilométrage, codes erreurs etc.). Outre les frais liés à l’équipement et la maintenance de ces boîtiers qui constituaient une barrière à l’entrée pour de nombreuses entreprises et secteurs d’activité, cette télématique « traditionnelle » omettait un élément essentiel de l’équation : le conducteur et son comportement.

La télématique smartphone apporte en complément des solutions concrètes pour aider les conducteurs à améliorer leur comportement et leur sécurité routière. Notre approche de l’analyse de la conduite est scientifique, nos services étant basés les caractéristiques physiques des véhicules, sur les comportements de conduite et sur le contexte routier. Cela favorise l’usage, car les conducteurs bénéficient d’une exhaustivité / neutralité de l’analyse de leur comportement. Les gestionnaires de parcs tout comme les conducteurs de flottes en sortent gagnants.

 

Pourquoi avoir mis un focus sur la data ? Quelle est la place du smartphone dans votre approche innovante ?

Les applications mobiles qui embarquent notre technologie sont en mesure de collecter automatiquement les données de conduite des trajets motorisés de l’utilisateur. Ce sont ces données qui sont ensuite analysées via nos algorithmes.

Le conducteur reçoit après chaque trajet différentes évaluations de son comportement comme un score de sécurité au volant (événements de conduite à risque détectés), le score d’éco-conduite (indiquant comment le conducteur aurait pu réduire sa consommation de carburant et ses émissions de CO2), ou encore le score de conduite distraite (interactions de l’utilisateur avec son smartphone pendant qu’il est au volant). Il peut suivre ses progrès avec un accès à l’historique de ses déplacements.

Le smartphone permet également d’engager positivement les utilisateurs, grâce à des conseils de conduite contextualisés qui sont envoyés en fonction de situations routières réelles, et surtout par le biais de challenges de conduite (basés sur les scores) qui peuvent être organisés au sein des flottes pour récompenser les meilleurs conducteurs et sensibiliser les collaborateurs moins prudents à un comportement plus vertueux.

 

Quelles sont les prochaines étapes dans le développement de DriveQuant ?

Dans l’écosystème du véhicule connecté, DriveQuant a pour ambition de connecter plus d’un million de véhicules avant 2025 grâce au smartphone et, pour y parvenir, nous aurons besoin des meilleurs talents. Nous avons donc l’objectif de recruter pour accompagner notre croissance actuelle, avec des clients toujours plus nombreux à nous faire confiance. Nous avons aujourd’hui de belles références dans le secteur de l’assurance auto, la gestion de flottes et l’après-vente auto. Nous souhaitons continuer d’innover aux côtés de ces partenaires pour ouvrir ces innovations au plus grand nombre. En ce sens nous avons un autre objectif pour 2020 sera d’exporter notre expertise en dehors des frontières Européennes.


Publié le 27 septembre 2019