La newsletter BetterWork de la CSL, datée du 8 décembre, s’intéresse à l’évolution des exigences émotionnelles auxquelles sont soumis les salariés au Luxembourg au cours des dernières années. Les exigences émotionnelles sont associées à un bien-être amoindri.

Dans ce contexte, les salariés exposés à des exigences émotionnelles marquées présentent, en particulier, un niveau de burnout plus élevé. Entre 2016 et 2020, une nette augmentation des exigences émotionnelles a été observée. Au cours de cette période, les salariées présentent des exigences émotionnelles constamment plus élevées que leurs homologues masculins. Les salariés avec des fonctions académiques, les managers et les salariés exerçant dans le secteur des services présentent un niveau d’exigences émotionnelles stable mais élevé sur la période. En revanche, on observe une augmentation entre 2016 et 2020 chez les conducteurs d’installations et les travailleurs non qualifiés.

 

1. Exigences émotionnelles

Les exigences émotionnelles désignent la nécessité de maîtriser ses propres émotions sur le lieu de travail afin de répondre aux attentes de l’organisation (Hochschild, 2012 ; Zapf & Holz, 2006). Les salariés exerçant des professions où les attentes de l'organisation en matière de travail émotionnel sont élevées (Hochschild, 2012) sont particulièrement touchés par le burnout et présentent un niveau de bien-être plus faible (Grandey & Sayre, 2019 ; Hülsheger & Schewe, 2011). En particulier, lorsqu’elles sont combinées à des conditions de travail difficiles, les exigences émotionnelles ont des répercussions négatives sur le bien-être des salariés. D’une part, parce que des tensions apparaissent en raison des décalages entre les émotions réelles et les émotions attendues et, d’autre part, parce que le contrôle des émotions peut conduire à l’épuisement (Grandey et al., 2015). La présente newsletter s’attache à analyser dans quelle mesure les exigences émotionnelles sont corrélées à différentes dimensions du bien-être. Elle s’intéresse par ailleurs à l’évolution des exigences émotionnelles chez différents groupes de salariés au Luxembourg depuis 2016. Ces conclusions reposent sur les données de l’étude Quality of Work (QoW ; Vagues 2016-2020 ; Sischka & Steffgen, 2020a), une enquête représentative auprès de salariés au Luxembourg (pour plus de détails, voir encadré : Méthodologie). Il est par ailleurs important de noter que l‘enquête QoW 2020 a été réalisée à un moment où la pandémie de Covid-19 sévissait déjà depuis plusieurs mois en Europe. Cette pandémie a considérablement modifié la vie et la situation professionnelles d’un grand nombre de salariés. Le télétravail a notamment connu une nette augmentation dans un laps de temps très court (Sischka & Steffgen, 2020b). Cette situation particulière doit être prise en compte dans l’interprétation des résultats.

 

2. Exigences émotionnelles et bien-être

La figure 1 met en évidence la relation entre les exigences émotionnelles et les différentes dimensions du bien-être. On constate qu’il existe une corrélation négative entre exigences émotionnelles et la satisfaction au travail, la motivation au travail et le bien-être général, et une corrélation positive entre exigences émotionnelles et burn-out (voir aussi Sischka & Steffgen, 2016) et problèmes de santé. La corrélation avec le burnout est la plus élevée.

 

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Communiqué par CSL


Publié le 08 décembre 2020