Dans sa dernière newsletter en date, les experts du Quality of Work Index ont analysé le niveau actuel de risque de dépression au travail au Luxembourg. Par rapport aux autres pays européens, le Luxembourg présente une part relativement élevée de salariés risquant de faire une dépression. Les femmes sont légèrement plus concernées que les hommes par le risque de dépression. Si l’on analyse les catégories professionnelles, ce sont surtout les professions élémentaires, les directeurs, cadres et gérants, ainsi que le personnel des services directs, commerçants, vendeurs qui sont les plus concernés par un risque de dépression. Les salariés présentant un risque de dépression font état de mauvaises conditions de travail, et sont également moins satisfaits de leur travail et ont plus de problèmes de santé.

Dépressions au travail

De mauvaises conditions de travail peuvent mener à des dépressions. Ainsi, un stress psychologique important, une marge de manœuvre limitée sur les décisions prises au travail et du harcèlement moral au travail augmentent la propension à la dépression (Theorell et al., 2015). Les dépressions au travail sont associées à de l’absentéisme et à une baisse de la productivité (McTernan et al., 2013).

Cette newsletter vise à analyser le risque de dépression au travail. En premier lieu est examinée la part de salariés du Luxembourg présentant un risque de dépression par rapport aux autres pays européens. Puis, est étudié le risque de dépression au Luxembourg du point de vue des caractéristiques démographiques des salariés, ainsi que selon les caractéristiques de l’organisation et du poste de travail. La newsletter s’appuie pour cela sur les données issues de l’Enquête européenne 2015 sur les conditions de travail (European Working Condition Survey, ECWS) ainsi que sur les données de l’enquête Quality of Work (enquêtes QoW 2016 et 2019 ; Sischka & Steffgen, 2019a), une enquête représentative réalisée auprès des salariés du Luxembourg. L’indice de bien-être WHO-5 de l’OMS est utilisé comme outil de détection de la dépression, avec une valeur seuil ≤ 50 (Topp et al., 2015 ; WHO, 1998).

Concernant les analyses ci-dessous, il convient de souligner que l’enquête ECWS ne tient compte que des salariés résidant au Luxembourg, alors que l’enquête QoW interroge également les frontaliers. De plus, les données de l’enquête ECWS sont collectées à partir d’entretiens en face à face, alors que les données de l’enquête QoW sont fournies par des entretiens téléphoniques et des enquêtes en ligne. Cette différence de méthodologie dans la collecte des données peut influencer le type de réponses obtenues (Holbrook, Green, & Krosnick, 2003). Les valeurs de l’enquête EWCS ne sont donc pas directement comparables aux valeurs de l’enquête QoW.

 

Risque de dépression au travail en Europe

La figure 1 représente la part des salariés du Luxembourg présentant un risque de dépression par rapport aux autres pays européens.

On voit que le Luxembourg présente une part relativement élevée de salariés risquant de faire une dépression (21,4 %), et que le pays se trouve dans le tiers supérieur par rapport au reste de l’Europe.

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Évolution du risque de dépression au travail au Luxembourg ces dernières années

La figure 2 représente l’évolution de la part de salariés présentant un risque de dépression au Luxembourg de 2016 à 2019.

Au cours de cette période, on constate que le niveau est relativement élevé (entre 22,8 % et 26,7 %).

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Source : CSL


Publié le 21 janvier 2020