Pour son premier petit-déjeuner du second semestre, HR One a réuni plus de 60 professionnels autour d'une thématique tendance et qui fleure bon l'innovation : HR Digital & HRIS. Après plusieurs interventions de spécialistes RH et IT, les participants ont pu échanger leur expertise et bonnes pratiques, en ce premier jour de l'automne.

 

Optimisation RH à la Banque de Luxembourg

Anne-Lise Freson, Deputy Manager Head of Operations, de la Banque de Luxembourg, a ouvert cette matinée de conférence, et s'est intéressée tout particulièrement à l'apport du digital dans l'optimisation des procédures administratives et l'évaluation des talents. "Ce processus a débuté en 2011"débute Mme Freson, alors que "la masse de papier ne cessait de croitre". Elle rappelle également qu'il s'agit d'un voyage très long, le système informatique permettant notamment la gestion administrative (les données statiques, la carrière d'un collaborateur), la gestion des compétences, le recrutement interne et interne et également la formation.

 

C'est sur les évaluations que s'est arrêtée la responsable du Data Management de la banque, et son processus 100% digital : une préparation RH, avec la conception d'un formulaire, suivi d'une autoévaluation de l'employé sur un portail dédié, une évaluation côté manager, pour finir avec un entretien et une validation entre les parties concernées, et un suivi côté RH. C'est lors de cette dernière étape que les résultats sont analysés par les RH, qui mettent en place des plans d'actions pour les formations, notamment.

 

Ce portail permet également d'optimiser les processus administratifs : les employés sont plus autonomes et peuvent consulter leurs données, objectifs, évaluations, etc. Ils ont également la possibilité de s'inscrire directement à des sessions de formation, "le système gérant automatiquement la liste des places disponibles" souligne Anne-Lise Freson. Les courriers et fiches de salaires sont désormais envoyés via des canaux digitaux sécurisés.

Quant au recrutement et à l'e-learning, la Banque continue la mise en place de nouveaux outils: elle est désormais présente sur LinkedIn, et lance bientôt une nouvelle plateforme qui permettra un matching des compétences recherchées. Cette semaine, le BDL lance également l'intégration de modules d'e-learning, qui devaient jusqu'alors être entrés manuellement.

 

L'aspect change management reste primordial pour Anne-Lise Freson : "il faut penser global, et mettre en place ses propres outils de contrôle pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème de cohérence, et ce, dès la phase initiale". Elle rappelle également qu'il s'agit d'un véritable partenariat entre le business, l'IT et les RH. "Pour que les employés adhèrent, il faut que l'outil soit convivial, qu'il donne envie. Qu'ils n'y aillent que pour les évaluations n'est absolument pas l'objectif" conclut la responsable des opérations de la Banque de Luxembourg.

 

Le monde digital, un monde meilleur ?

C'est ensuite Karl Burns, Head of HR de Vodafone Luxembourg qui a pris la parole, accompagné de Virginie Vast, ‎Head of Cognitive Procurement and Digital Sourcing, mais également de Pepper…un robot humanoïde développé par SoftBank (que nous avions déjà accueilli lors d'un précédant ICT Spring). Le DRH a tout d'abord rappelé que la volonté du groupe britannique était de créer une "Gibabyte Company", étant persuadé que la digital aiderait à créer un monde meilleur. Il a également rassuré les personnes présentes : "le digital ne supprimera pas vos employés, et vos informations sont en sécurité". Sa volonté personnelle est également de faire du Luxembourg un pays où il fait bon travailler.

 

C'est ensuite Virginie Vast qui a souligné le fait que la technologie changeait nos vies et qu'il était nécessaire de l'adopter : "ces 20 dernières années, nous avons assisté à plus d'innovations technologiques que les 200 années précédentes". Elle a également rappelé que c'est désormais le consommateur qui est au centre de toutes les stratégies : une première, car jusqu'alors les produits et services étaient créés et poussés vers les consommateurs. On parle alors de CXX, ou Customer Experience Excellence.

 

Ainsi, la stratégie digitale n'est pas qu'une stratégie technologique car elle dépend à 70% des personnes, des employés. Cette technologie est la fondation et permet d'améliorer les processus, apporte de la simplicité mais surtout de la confiance. Chez Vodafone, on s'intéresse à l'intelligence artificielle, au cloud, on ne peut passer à côté du mobile, des réseaux sociaux, et on se penche aussi à la robotique…d'où la présence de Pepper, qui arrivera dans les locaux de Vodafone dans 2 semaines et servira de véritable support pour les employés et les visiteurs, à l'image, en quelque sorte, d'un réceptionniste. On réfléchit également à l'apport de l'IA, avec l'adoption future d'un assistant virtuel, notamment pour accompagnés les nouveaux collaborateurs. L'analyse prédicative, avec l'abondance de Data est également un des sujets phares et passionne tout particulièrement Karl Burns, tout comme le Network Science, qui analyse le comportement des employés et plus particulièrement leurs interactions dans la cadre professionnel.

 

Vodafone se veut comme un acteur de la transformation digitale, et donc de culture: "Think Digital First", "Embrace Talents", "Encourage to Take Risks", "Move at Speed" & "Think ahead of your Customers" sont ainsi les maître-mots. Cela inclut alors d'orienter ses employés dans la bonne direction et de redéfinir la façon dont ils évoluent au quotidien au sein de la société.

 

Le digital pour un meilleur environnement de travail

L'événement s'est terminé avec l'intervention de Christelle Brignoli, ‎Surveys and Advisory Director, Great Place du Work Luxembourg, qui a présenté quelques-unes des meilleures pratiques digitales des Best Workplaces européennes. Car, pour Christelle, le digital impacte toutes les organisations : "on observe une transformation des modes de travail, qui devient plus flexible, plus collaboratif". Le management change également : la communication est intensifiée et le manager devient un coach, il fédère. "Ce changement de culture doit être accompagné par les RH" souligne Christelle Brignoli.

 

Elle s'est alors penchée sur le "Le recrutement participatif" mis en place chez EMC Suisse qui utilise l'outil Eqipia. Celui-ci donne un aperçu global de tous les postes à pourvoir et chaque employé les partage sur ses réseaux sociaux, par email, etc. Leur reward ? Ils peuvent obtenir une prime mais se sentent surtout impliqués dans le processus du recrutement.

L'"Upward feedback" est quant à lui pratiqué chez ATOZ Luxembourg. Véritable outil de développement personnel, il permet aux employés de noter une personne du grade supérieur de manière anonyme. Seules les soft skills sont évaluées, et on vise alors à améliorer la performance du manager, sa capacité à créer des talents,  ses compétences interpersonnelles, etc.

 

Chez WORLDLINE, on a mis en place une plateforme d'informations,  l'image d'un réseau social d'entreprise, nommé "Bluekiwi". Ce "lieu d'échange incontournable permet de partager les informations, événement, ou autres en quelques clics.

La santé des collaborateurs est évaluée chez AE Belgique avec le programme "Fitbees". L'objectif ? Orienter ses employés vers un mode de vie plus sain. Chaque employé peut ainsi choisir son objectif personnel et suivre ses progrès grâce à un jeu en ligne.

Et enfin, le "People Dimension System" : chaque trimestre, l'entreprise organise un challenge pour élire l'employé le plus talentueux. Via un outil internet, chaque employé peut féliciter un collègue pour le travail réalisé.

 

La digitalisation au sein des entreprise doit être utilisée à bon escient afin de s'adapter aux nouveaux modes de travail, faciliter la communication, faire preuve de transparence, favoriser la cohésion d'équipe  et permettre à chaque personne d'évoluer et de recevoir des formations adaptées pour donner davantage de sens à son travail. "L'intérêt étant de proposer un environnement de travail équilibré, basé sur la confiance, qui correspond à toutes les générations et permet aux collaborateurs de vivre au quotidien les valeurs de l'entreprise" conclut Christelle Brignoli.

 

Le prochain Petit-Déjeuner HR One sera organisé le 18 octobre lors duquel la thématique "The workplace of the future : favoriser le développement de l’espace de travail" sera abordée. 

Le 25 octobre, l'équipe HR One vous donne également rendez-vous pour la première édition du HR Lab, premier tournoi luxembourgeois dédié aux ressources humaines et dont le but principal est de stimuler les équipes RH afin de relever les nombreux challenges de leur fonction. Près de 10 équipes ont déjà confirmé leur présence au HR Lab !

 

Contactez dès-à-présent Amandine Plaisin (amandine.plaisin@farvest.com) si vous souhaitez intervenir sur ces événements.

 

Alexandre Keilmann


Publié le 03 octobre 2016