Selon une étude flash de l’ANDRH* (Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines), réalisée en ligne auprès de 500 membres du 26 mars au 6 avril 2020, 89% des professionnels ont indiqué qu’une cellule de crise avait été constituée au sein de leur organisation, en appui d’un plan de continuité d’activité (PCA) pour 72% d’entre eux.

Les directions générales ont vu dans les DRH les bras armés de leur gestion de crise, pour mettre en place une nouvelle organisation du travail à distance, notamment grâce aux outils digitaux et un suivi psychologique des salariés, afin de maintenir une cohésion d’équipe et garder une bonne santé mentale, face aux turpitudes d’une crise inopinée, complexe et difficilement maîtrisable dans la durée.

Il a fallu coûte que coûte essayer de maintenir la compétitivité des organisations et l’emploi, en utilisant notamment les dispositifs spéciaux mis en place par le gouvernement (41% d’entre eux ont eu recours au dispositif d’activité partielle à temps plein ou à temps partiel, pour tout ou partie des salariés).

Il fallait garder la motivation et la confiance dans ce cas particulier de force majeure, dans l’attente de lendemains meilleurs. Les entreprises pensent à l’heure actuelle maintenir à 31% la prime sur objectifs, malgré une baisse d’activité et 36% d’entre elles vont verser, ou réfléchissent à verser, la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat. 97% des personnes interrogées ont répondu favorablement au fonctionnement du binôme direction générale et fonction RH pour faire face à la crise du Covid-19 !

 

Gérer une nouvelle organisation du travail flexible et à distance

L’enquête montre que 95% des organisations ont eu recours au télétravail pour les salariés éligibles. Aujourd’hui, ce sont 10 millions de salariés qui sont concernés. Près de 6 DRH sur 10 ont eu à gérer le maintien d’une partie des effectifs sur site.

Si le télétravail a connu de nombreuses tergiversations jusqu’à présent, la crise aura eu raison de ses nombreux détracteurs. Cette pandémie, qui contraint effectivement à maintenir les salariés à domicile, a favorisé l’usage des outils digitaux pour maintenir l’activité.

Peu outillées pour la plupart d’entre elles, 58% des organisations ont eu à adapter les outils d’échange à distance et 46% d’entre elles « ont eu à faire face à un manque de matériel ou à du matériel non-adapté ». « Le court délai n’a pas permis d’équiper toutes les équipes et les premiers jours, des problèmes de connexion ont pu apparaître dus à une sur-sollicitation des réseaux ». Les entreprises qui ont tardé à s’organiser ont vu leurs collaborateurs les plus aguerris aux nouvelles technologies, utiliser des outils collaboratifs gratuits qui existaient déjà sur le marché tels que Skype, WhatsApp, ou encore Trello par exemple pour la gestion de projet. 33% ont accompagné les collaborateurs sur l’usage de nouveaux outils.

 

Gérer la crise sanitaire

Les DRH sont également en première ligne aujourd’hui pour gérer la crise sanitaire et protéger leurs salariés. La pénurie de masques, de gants et de gel hydro-alcoolique et le manque de distanciation sociale pour certaines activités complexifient la protection efficace des collaborateurs. Selon l’enquête, « 91% des organisations ont procédés à des contrôles de la distanciation sociale et du respect des gestes barrières, 82% des répondants ont pu fournir du matériel d’hygiène et de protection et 77% des organisations ont intensifiés le nettoyage et la désinfection de leurs locaux ».

Les DRH ont dû travailler également sur le réaménagement des espaces de travail (64%) et sur l’aménagement du temps de travail (57%). Les professionnels de la fonction RH se sont rendus compte en effet des limites du télétravail, avec des parents submergés par les tâches à accomplir au quotidien, notamment la gestion de la continuité pédagogique de leurs enfants.

 

Gérer la crise psychologique

Si le confinement a été la solution retenue pour éradiquer la crise, il n’en demeure pas moins que sa prolongation a des effets négatifs sur la santé mentale des individus.

L’isolement pour certains et les mauvaises nouvelles quotidiennes ont un impact néfaste sur la concentration et la productivité des salariés. Selon une récente étude, réalisée par Opinion Way** du 31 mars au 8 avril auprès de 2 000 personnes pour Empreinte Humaine, cabinet spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux, près de la moitié des travailleurs seraient en détresse psychologique ! Le confinement engendre largement une surcharge mentale et une surcharge de travail, car les salariés n’arrivent plus à avoir de repères et à dissocier les temps consacrés à la vie privée et à la vie professionnelle.

Les managers doivent être ‘présents malgré la distance’, pour rassurer et adapter les temps de travail. Nombre d’entreprises ont mis en place des cellules de soutien psychologique. Plus le confinement se prolongera, plus les risques encourus seront importants, avec des répercussions sur la santé mentale.

Les DRH doivent être plus que vigilants sur les problématiques de santé globale qui touchent de plus en plus les organisations. La reprise ne se fera pas sans des collaborateurs résilients après les épreuves traversées.

 

Communiqué par Sopra HR

Sources :

* Enquête flash ANDRH du 26 mars au 6 avril 2020

** Baromètre Opinion Way pour le cabinet Empreinte Humaine du 31 mars au 8 avril 202


Publié le 13 mai 2020