Si le Grand-Duché fait figure de bon élève en matière d’écart salarial et de féminisation des instances dirigeantes, il reste encore du chemin à parcourir.

Un écart salarial quasi nul

Selon les chiffres récemment publiés par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), si l’écart salarial entre les femmes et les hommes de l’Union européenne a diminué ces dernières années (passant de 15,8% en 2010 à 14,1% en 2019), certains États membres (notamment en Europe de l’Est et Centrale) affichent un écart encore trop élevé, avoisinant les 20%. 

Le Luxembourg, quant à lui, se hisse au rang des bons élèves avec un taux quasi nul. Une tendance qui reste toutefois à nuancer selon une étude publiée par le STATEC en avril dernier. A y voir d’un peu plus près, on constate en effet que  l’écart se creuse dans des secteurs clés de l’économie tels que la finance, l’immobilier, la recherche ou encore le commerce, sans doute dû à la ségrégation professionnelle : toujours selon le STATEC, 29% des femmes travaillent dans les soins et l’enseignement contre 7% des hommes, et 40% des hommes travaillent dans la construction, l’industrie et les transports contre 9% des femmes. 

Si les clichés semblent avoir la vie dure (quant à la représentation des femmes dans certains corps de métier), les chiffres relayés par Eurofound nous rappellent toutefois que le Luxembourg présente l’écart salarial (“Gender Pay Gap” - GPG) le plus faible de l’Union européenne. 

Féminisation des instances dirigeantes : une tendance à la hausse ? 

Selon le STATEC, la part des femmes parmi les “cols blancs” a connu une nette augmentation ces dernières années, notamment aux postes de cadres et de gérants, passant de 18% en 2010 à 26% en 2018. 

Mais si les entreprises luxembourgeoises tentent de promouvoir la diversité et l’inclusion au sein de leurs comités de direction, le Grand-Duché peut mieux faire… Et si tout se jouait en amont finalement ? 

Les femmes devraient être incitées, dès le plus jeune âge, à choisir des filières encore trop souvent réservées aux hommes. Si certaines associations, comme le Conseil National des femmes du Luxembourg (CNFL), se sont déjà emparées du sujet et tentent de se frayer un chemin jusqu’au plus haut sommet de l’État pour faire bouger les lignes, l’effort doit avant tout être citoyen. 

Comme le rappelait déjà Barack Obama en 2016 : “Il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour améliorer les perspectives des femmes [...] Mais certains changements n’ont rien à voir avec de nouvelles lois. Le changement le plus important, qui est sûrement le plus difficile, c’est de changer notre façon de voir les choses”.   


Publié le 11 mai 2022