Depuis le début de la pandémie, la règle exceptionnelle en termes de télétravail était relativement flexible pour les frontaliers, suite à un accord entre le Luxembourg et les trois États frontaliers en question (Allemagne, France, et Belgique). Cependant, cette exception prendra fin le 30 juin prochain. 

Jusqu’à maintenant, les jours de télétravail des frontaliers belges, français et allemands comptaient comme des jours en présentiel, à leur lieu de travail au Luxembourg. Cela signifie que ces jours de distanciel disposaient d’une immunité fiscale dans leur pays de résidence respectif. 

À compter du 1er juillet, les frontaliers des trois pays devront de nouveau respecter le seuil de tolérance fiscale de leur pays en ce qui concerne le télétravail. Il est de 19 jours pour les frontaliers allemands, et de 34 jours pour les français et les belges. Les luxembourgeois ne sont pas concernés par ce seuil de tolérance. Ces différences de droit au télétravail peuvent être source de tension au niveau des ressources humaines, mais aussi entre employés. En effet, l’idéal serait que chacun des États concernés puissent se mettre d’accord sur un seuil de tolérance commun. Cela permettrait ainsi de préserver la paix sociale en entreprise.

La limite des jours de télétravail pose également un problème au niveau de la mobilité des frontaliers vers et depuis le Luxembourg. En effet, la limite des jours de télétravail rime avec le retour des embouteillages aux heures de pointe, notamment au niveau des frontières belgo-luxembourgeoise et franco-luxembourgeoise. Cette problématique se couple avec l’augmentation du nombre de travailleurs frontaliers. La situation reste critique puisque le covoiturage peine à se démocratiser, et les solutions de mobilité en transports en commun ne verront pas le jour avant quelques années. Lors d’une interview, François Bausch, ministre de la Mobilité luxembourgeois, a annoncé que “plusieurs éléments vont se mettre en place au fil des années, ce qui me fait dire qu’en 2030, cela ira beaucoup mieux”. 

Bien que les jours de télétravail disponibles à partir du 1er juillet soient certainement suffisants jusqu’à la fin de l’année 2022, des discussions entre les parties prenantes sont attendues afin de trouver une solution commune.


Publié le 11 mai 2022