Deuxième partie de notre série consacrée au recrutement et à la conservation des talents dans le secteur FinTech. En effet, c'est un challenge considérable pour les acteurs traditionnels du secteur, ceux de l’ICT mais aussi les pure players en FinTech : tous trois peinent à attirer et conserver les talents nécessaires en Europe. Pour ce deuxième volet, nous avons contacté Nicolas Buck, CEO de SEQVOIA et Chairman à la Fedil et la BLI, Sonia Prince, experte du recrutement spécialisée dans le secteur financier et les FinTech, et Kamel Amroune, CEO de Farvest, passionné de startups et de FinTech, leader de la communauté IT One.

Nicolas Buck, Co-founder et CEO @ SEQVOIA

HROne: Comment percevez-vous la guerre des talents dans les activités fintech ? Des recommandations pour les volets attract & retain ?

NB: Il faut attirer des talents de l’étranger. L’important c’est déjà qu’ils arrivent à Luxembourg ensuite ils bougeront d’une société à une autre, d’un secteur à l’autre, mais en restant ici. C’est un sujet stratégique et difficile - une fiscalité attrayante et une image positive du pays sont importants pour être attractifs sur la scène européenne ou mondiale. Le facteur clé sous-jacent est bien-sûr d’avoir des entreprises en croissance, une économie dynamique et une volonté de développer encore davantage.

 

 

Sonia Prince, Manager Recruitment, Legal & Fintech Units @ DO Recruitment Advisors

HR One: Quels besoins spécifiques guident votre approche du recrutement en FinTech ?

SP: Il semble que pour les startups, les premiers profils généralement recherchés vont répondre à la double nécessité de vendre le produit et d’assurer la partie technique associée.  Ces profils sont un mélange entre les profils qu’il est courant de rencontrer sur le marché luxembourgeois et ceux qu’il faut dénicher. Les techniques d’approche directe sont ici de rigueur et il convient de redoubler d’inventivité : forums étudiants, hackathons, afterworks, … Parallèlement, les fonctions support de type RH, sont souvent secondaires au sein des startups, même si elles restent essentielles pour le bon fonctionnement de l’entreprise. De fait, nous proposons, au-delà du recrutement pur et simple, une compétence ressources humaines plus globale, et apportons ainsi une réponse directe à ce besoin. Nous travaillons en étroite collaboration avec des startups (l’une d’entre nous est détachée en ce moment au sein de l’une d’elles), l’idée étant d’être au plus près de leurs préoccupations, de comprendre leurs subtilités, l’état d’esprit général et le type de besoins qu’elles recherchent.

 

Kamel Amroune, CEO @ Farvest

HR One: Les rencontres réalisées au cœur d'un écosystème Fintech rayonnant et très engagé sur ICT Spring comme le Regtech Summit et le hackathon Game of Code permettent de ressentir les talents liés à cette révolution - quels enseignement peut-on tirer sur les profils ?

KA: Pour la plupart, c’est qu’ils étaient déjà là. Une grande partie des leaders sont des professionnels du secteur financier ou du digital qui ont toujours été en amont des tendances et de la création de valeur. Pour les plus expérimentés donc, ce sont de grands techniciens avec une profondeur de connaissance particulière (juridique, informatique ou des moyens de paiements par exemple). Pour les plus jeunes ou les nouveaux entrants, on a davantage affaire à des geeks et des passionnés : ils sont talentueux mais avant tout très curieux et portés sur l’expérimentation, un esprit startup fort. Ils généralement ont un portefeuille de quelques cryptos (bitcoin, litecoin, ether, ripple…) et ont des conversations qu’un profane aurait du mal à suivre car on peut se documenter mais on ne maitrise réellement qu’en manipulant. Ils ont une relation au risque et à l’échec (fail) très différente des acteurs classiques, car ils savent que c’est un eldorado à conquérir, pas un marché établi et mature. Il faut offrir aux talents fintech un cadre du travail qui leur permette d’assouvir cette soif d’exploration et d’expérimentation, et des partenaires techniques, financiers, juridiques impliqués. Ce sont des équipiers à part mais avec une grande ouverture d’esprit car ils doivent combiner l’ancien et le nouveau monde.


Publié le 14 mars 2018