Le rouge était de mise ce jeudi 16 novembre 2017 au Casino 2000 de Mondorf-les-Bains, à l'occasion de la quinzième édition du Gala HR One. Toute la communauté RH luxembourgeoise était réunie pour une soirée autour du thème "The Mutation of Human Capital", ponctuée de conférences d'expertes du secteur et d'un Start Up Pitch Contest, la nouveauté du Gala, avant le traditionnel networking cocktail qui précédait la cérémonie des Luxembourg HR Awards. Retour sur l'événement RH #1 au Grand-Duché de Luxembourg.

Le discours d'ouverture, prononcé par Fabien Amoretti, CEO du groupe Farvest, a permis d'aborder plusieurs sujets phares des ressources humaines et de leur transformation, allant de la prise de conscience globale du harcèlement sur le lieu de travail aux salaires payés en monnaies virtuelles en passant par l'enjeu de la mobilité pour attirer les talents, pour conclure sur un appel à l'importance d'être transgressif, afin de stimuler une certaine motivation : "L'appel que nous lançons aujourd'hui : transgressez les règles, osez l'essai et l'expérimentation !".

 

La parole a ensuite été laissée à Amandine Plaisin, Head of HR & Green Business chez Farvest et maîtresse de cérémonie de cette quinzième édition du Gala HR One. Rappelant à travers le thème du gala que tous étaient réunis ce soir pour témoigner des bonnes pratiques et solutions RH existantes sur le marché, elle a accueilli sur la grande scène les conférencières du soir.

 

Quel futur pour votre entreprise ?

Ce fut tout d'abord Inès Leonarduzzi, Digital Strategist chez Hub Institute qui a pris la parole, pour une conférence sur le thème "Create the future of people in companies".  La fondatrice de Women Inspiring Talks a axé son discours sur les enjeux de l'entreprise de demain du point de vue des ressources humaines, afin de partager avec l'audience différentes pistes de réflexion.

Selon Inès Leonarduzzi, "les enjeux de l'entreprise, ce sont la transformation digitale et le bonheur au travail". Rappelant que ce deuxième enjeu était légitime dans les faits, à travers une étude de Harvard montrant que le bien-être au travail signifiait moins d'absentéisme et plus de loyauté, de productivité et de créativité, elle a notamment expliqué qu'il fallait aujourd'hui donner la parole à la créativité et faire place à la nouveauté, loin des gestions top-down : "L'entreprise est un incubateur de possibilités où vont se révéler des gens qui sont créatifs".

Ainsi, afin de s'adapter à une génération de millennials ayant toujours eu le choix dans leur enfance et leur adolescence, Inès Leonarduzzi a prodigué aux professionnels quelques conseils : créer une émulation créative en cassant les codes hiérarchiques, car les employés ne cherchent plus de mentor, mais un sponsor. Il est ainsi possible de comprendre où sont les fragilités de l'entreprise en créant de l'intrapreneuriat.

C'est donc une véritable "transformation culturelle" qui doit s'opérer dans les entreprises, afin d'apprendre à connaître les compétences informelles des différents collaborateurs et de doper cet intrapreneuriat, "quelque chose de très naturel chez les humains", estime-t-elle.

Concluant que le DRH est le nouveau responsable marketing et que les collaborateurs sont les premiers clients, Inès Leonarduzzi a affirmé que "la meilleure façon de fédérer les talents dans l'entreprise, c'est de leur rappeler pourquoi vous les voulez et que vous voulez être leur sponsor afin que s'exprime pleinement ces talents."

 

La transformation par l'innovation

Ce fut ensuite au tour de Juliette Bron, Chief Digital Officer au sein du groupe Macif, de s'exprimer devant la communauté RH sur le sujet du pragmatisme et de l'innovation au service d'une mutation digitale.

Rappelant que nous étions dans l'ère du digital, dont l'adoption par les individus est aujourd'hui instantanée, elle a constaté que cette rapidité d'adoption n'était pas la même dans les entreprises et que le rôle des ressources humaines était prépondérant pour y remédier.

Se basant sur son expérience personnelle à la Macif, qu'elle a rejoint en 2015 avec une équipe de 6 personnes en manque de talents pour conduire des projets digitaux, Juliette Bron a expliqué que "lorsque l'on doit faire face à des talents spécifiques, il faut aller au-delà des acquis sur les talents et dépasser ce stade d'acculturation des RH actuellement, qui ne connaissent pas les pépinières de talents qui existent".

Ainsi, comme elle l'a témoigné, Juliette Bron a révolutionné la politique RH de la Macif et est aujourd'hui à la tête d'une équipe de 40 personnes ayant de l'empathie et étant capables de se faire challenger par le client. Car comme elle l'a rappelé: "nos idées ne sont pas les meilleures". La gestion de projet s'effectue donc en coopération avec, notamment, le client. C'est selon elle l'une des exigences du digital, qui demande de "repartir sur un nouveau socle que ce qu'il fut appris auparavant".

L'organisation de l'entreprise s'en retrouve donc impactée, avec une approche plus collaborative et moins hiérarchique, où l'humain se sent beaucoup plus heureux.

Juliette Bron a conclu sur la définition du nouveau rôle des RH : "Il faut anticiper les nouveaux métiers et faire évoluer les collaborateurs, en mettant en place des formations modernes sur des cas réels. Nous travaillons aujourd'hui sur le morphing des compétences et le hacking de l'entreprise pour continuellement nous challenger".

 

Saisir les opportunités du digital

La dernière conférence de la soirée a été tenue par Laurence Chavot-Villette, Directrice Générale de l'agence EPOKA, venue présenter trois dispositifs impactants et innovants en terme d'employer branding et de digital.

Rappelant en premier lieu qu' "aujourd'hui est une chance" et qu'il fallait saisir les opportunités du digital maîtrisé par le plus grand nombre, Laurence Chavot-Villette a partagé à la communauté RH trois collaborations de l'agence EPOKA démontrant que l'engagement des collaborateurs dans la stratégie digitale de l'entreprise pouvait être un levier de premier choix en terme de visibilité et de marque employeur.

Le premier exemple concernait une collaboration avec le groupe Saint Gobain. Un groupe international, avec une histoire de 350 ans derrière lui, mais devant impérativement réinventer sa marque employeur. "La présence internationale du groupe nous a permis d'impliquer huit équipes de huit pays-clés différents sur ce projet, afin de donner une résonance de la démarche à l'international", explique Laurence Chavot-Villette. Ainsi a été mis en place le "Saint Gobain Live Journey" sur la toile, où l'attention était portée sur le discours des collaborateurs de Saint-Gobain aux quatre coins du monde. Résultat : une viralité notable du projet, avec plus de 2,2 millions d'impressions.

Le deuxième exemple concernait le groupe Thales, composé de beaucoup de profils d'ingénieurs et d'informaticiens habitués au digital. La mission était de renouveler la stratégie de communication et la visibilité du groupe. L'objectif selon Laurence Chavot-Villette : "humaniser la communication". Ainsi, les collaborateurs se sont harmonisés sur les réseaux sociaux afin de relayer l'actualité du groupe de manière moins institutionnelle et de revendiquer par eux-mêmes un apport à l'entreprise via un simple partage ou encore des livetweets d'événements. Une stratégie qui a permis à Thales d'augmenter sa visibilité sur les réseaux sociaux et auprès des jeunes générations grâce à ces petits communicants.

Le dernier cas était celui d'une opération spéciale d'EPOKA : le Challenge du Monde des Grandes Ecoles et Universités. Un événement qui s'est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les étudiants comme pour les entreprises, et permettant à celles-ci à la fois de faire découvrir l'entreprise et ses opportunités aux jeunes diplômés mais également de réaliser une belle action de communication interne auprès des collaborateurs sur les valeurs et les actions RH du groupe. Avec la même conclusion que pour les deux cas précédents : "Malgré une forte accentuation sur le digital et les réseaux sociaux, le digital ne déshumanise pas. Au contraire, il se met au service des relations humaines".

 

De nouvelles solutions pour réinventer les RH

Les conférences terminées, c'était l'occasion de présenter la nouveauté de ce Gala HR One : le Start Up Pitch Contest. L'objectif : révéler des startups qui se sont engagées dans l'innovation dédiées aux ressources humaines. Trois startups se sont présentées devant un jury d'experts, ayant chacune trois minutes pour présenter leur projet, à la suite de quoi le jury pouvait leur poser des questions avant qu'il ne se réunisse et désigne le vainqueur de ce concours.

La première startup était Xpenditure, représentée par Michael Deroost, qui par son projet repense totalement le système des notes de frais en automatisant entièrement le flux de gestion des dépenses par la numérisation des reçus.

Se présentait ensuite David Muyldermans de Pro Unity, une plateforme digitale sur laquelle les experts d’un fournisseur ou les experts indépendants ont accès aux opportunités d’une ou plusieurs entreprises. Cette solution permet aux sociétés de facilement trouver, gérer et contracter une ressource externe.

Enfin, Mike Reiffers de Skeeled a présenté sa solution innovante en matière de recrutement. La startup Skeeled permet en effet une digitalisation du processus de recrutement permettant de flexibiliser et d'améliorer l'expérience candidat et de gérer le processus de recrutement avec un seul outil.

Après un temps de réflexion, les membres du jury ont récompensé Pro Unity pour une solution jugée comme la plus tournée vers l'avenir.

 

Le public fut ensuite invité à participer au traditionnel networking cocktail où les échanges sur les bonnes pratiques en matière de ressources humaines ont continué

 

L'occasion de remercier les nombreux partenaires de ce Gala HR One 2017 : Belval Plaza, Cardif Lux Vie, Cornerstone, Experis, Great Place to Work Luxembourg, KPMG Luxembourg, RH Expert, Rodenbourg et Virtual Rangers.

 

 

Benjamin Garnier

Crédit photos : Bo Hallengren

 


Publié le 17 novembre 2017