Ces annonces font partie d’un tour de vis plus large annoncé par le Premier ministre, Xavier Bettel, lors d’une conférence de presse le 29 novembre, qui concerne également l’accès aux lieux de loisirs et la durée de validité des tests.

La règle des «2G» pour les lieux de loisirs, coup dur pour le secteur de la restauration

Pour prendre part aux loisirs (sports, bars, restaurants, etc.), il faudra être soit vacciné, soit guéri du Covid. Les tests (PCR ou antigéniques) ne seront plus acceptés.

Un coup dur pour le secteur de l’Horeca, en première ligne depuis le début de la pandémie, qui voit donc la clientèle des non-vaccinés lui échapper.

Validité des tests réduite

La durée de validité des tests PCR passe de 72 heures à 48 heures. Les tests antigéniques ne seront plus valides que 24 heures.

Le CovidCheck obligatoire sur le lieu de travail à partir de la mi-janvier

Xavier Bettel a déclaré vouloir imposer le CovidCheck dans les entreprises et la fonction publique à partir de la mi-janvier. Ce serait le système dit «3G», c’est-à-dire vacciné, guéri ou testé, qui s’appliquerait. Il espère obtenir l’accord des partenaires sociaux mais a affirmé vouloir faire voter la loi quelle que soit leur position.

Télétravail recommandé

«Le télétravail n'est pas la solution miracle à tous les problèmes», a déclaré le Premier ministre lors de sa conférence de presse, mais il est fortement recommandé. «Nous travaillons avec les pays voisins pour trouver de nouveaux accords pour les frontaliers», a-t-il par ailleurs précisé, alors que le télétravail des frontaliers pose tout une série de contraintes d’un point de vue fiscal et d’affiliation à la sécurité sociale.

Le gouvernement n’a en tout cas par l’intention de rendre le télétravail obligatoire : «On sait qu'il n'est pas possible pour certains postes. L'imposer aurait des répercussions concernant la vie sociale mais également sur le plan psychologique. Nous ne pouvons pas mettre les frontaliers en difficulté sur le plan administratif non plus», a déclaré Xavier Bettel.

Les syndicats semblent changer leur fusil d’épaule

Alors qu’ils étaient jusque-là vent debout contre l’instauration du CovidCheck sur le lieu de travail et qu’ils avaient même affiché leur soutien à plusieurs procédures judiciaires contre le CovidCheck, LCGB et OGBL se sont montrés cette fois beaucoup moins critiques envers le gouvernement.

Ils ne sont plus opposés à la mesure par principe si le licenciement est exclu et si d’autres sanctions alternatives sont envisagées (comme priver l’employé de son salaire). Cité par Paperjam, la présidente de l’OGBL, Nora Back, réclame au moins la gratuité des tests pour les personnes qui auraient reçu leur première dose en janvier. Même discours du côté du président du LCGB, Patrick Dury, toujours dans Paperjam, qui estime qu’un accord pourra être trouvé si le non-licenciement des salariés est assuré et que le coût des tests est pris en charge pour les personnes ayant reçu une seule dose en janvier.

Pour le président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), Jean-Paul Olinger, cité par L’Essentiel, il s’agit de mettre en place un dispositif «applicable, lisible et tenant compte des spécificités des secteurs».

Mais au-delà des considérations des uns et des autres, le CovidCheck en entreprise soulève des questions d’ordre juridique : un patron peut-il avoir accès aux données de santé et au statut vaccinal de ses employés ?

Sans compter qu’une opposition se fait jour au sein de la population : plus de 5000 personnes ont signé deux pétitions sur le site de la Chambre des députés, l’une refusant «l'obligation de présenter le CovidCheck dans les institutions publiques et les entreprises privées», l’autre réclamant l’organisation d’un «référendum pour l'interdiction du pass sanitaire (CovidCheck ou équivalent) au Luxembourg». À noter qu'au-delà des 4500 signatures, un débat public est obligatoirement organisé à la Chambre des députés.


Publié le 01 décembre 2021