Un des changements majeurs intervenus sur le marché du travail suite au confinement lié au COVID-19 fut l’explosion du télétravail subi et improvisé qui a touché 70% des personnes en emploi. La présente étude confronte les caractéristiques du télétravail et la satisfaction des télétravailleurs avant la crise à ceux durant la crise sanitaire.

Si l’augmentation du télétravail a été spectaculaire suite au confinement, il ne faut pas oublier qu’au cours des dernières années, les entreprises basées au Luxembourg avaient déjà sensiblement développé leurs options de travail à distance. Le nombre de télétravailleurs a d’ailleurs triplé pendant la dernière décennie, passant de 7% en 2010 à 20% en 2019.

Dans l’inconscient collectif, l’idée de « bureau à domicile » rime souvent avec des avantages comme une réduction du temps de trajet maison/bureau³, plus de concentration, une plus grande liberté dans l’organisation de la journée et une meilleure conciliation de la vie professionnelle et vie privée etc. Ceux-ci pourraient réduire le stress et donc augmenter la satisfaction au travail. Néanmoins, le télétravail peut aussi avoir l’effet contraire : la communication et la collaboration s’avèrent plus compliquées à distance, l'accent mis sur le contrôle de la production augmente avec la part du télétravail⁴, le télétravail peut aussi se réaliser sous forme d’heures supplémentaires. Les limites entre vie professionnelle et vie privée peuvent s’effacer

Afin de mieux comprendre le lien entre le télétravail et la satisfaction au travail, nous nous focalisons ici sur les données de l’année 2019 portant exclusivement sur les résidents luxembourgeois, tous les télétravailleurs frontaliers sont dès lors exclus de cette étude. Les sources de données pour notre analyse représentative sont d’un côté l’enquête sur les forces de travail (STATEC-EFT)⁵, réalisée en 2019 avant la crise sanitaire, et de l’autre côté l’enquête ad hoc COVID-19, réalisée pendant la crise (entre le 29 avril et le 8 mai 2020).

 

Le télétravail concerne essentiellement des cadres

Pour mieux comprendre le lien entre télétravail et satisfaction, nous décrivons brièvement ici le profil des télétravailleurs. Tous les travailleurs ne sont pas touchés de la même manière par le télétravail. En effet, le taux de télétravail ne diffère pas selon le genre ou la situation familiale, mais selon le groupe d’âge et la nationalité des résidents au Luxembourg (cf. Rapport Travail & Cohésion Sociale 2019 du STATEC). Avant le COVID-19, les travailleurs avec un diplôme universitaire étaient presque trois fois plus susceptibles de travailler à distance que ceux avec un diplôme inférieur. Le télétravail pendant la crise sanitaire a également été plus fréquent parmi les personnes disposant d’un niveau d’éducation plus élevé, même si la différence était moins marquée.

L’intensité en télétravail est aussi très différente en fonction du type de travail. La nature du travail effectué par les ouvriers (« cols bleus »), tels que artisans ou techniciens, ou encore les travailleurs non qualifiés dans les secteurs des services, les oblige souvent à être sur leur lieu de travail. Par contre, pour les professionnels qualifiés et les cadres (« cols blancs »), une présence virtuelle (et non physique) au travail peut s’avérer suffisante ; de facto, le pourcentage de télétravail y est donc plus élevé.

graph01.jpg

[LIRE LA SUITE]

 

Communiqué par le Statec


Publié le 01 juillet 2020