La dernière publication du CEDEFOP (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle) sur la prévision des compétences pour le Luxembourg (2020 Skills forecast Luxembourg) vient de sortir. Ce document présente une analyse détaillée des tendances futures en termes d’emploi, par secteur et par type d’activité et inclut également le niveau et le type de formations et de qualifications estimées requises dans les années à venir.

Pour le Luxembourg, le CEDEFOP prévoit une croissance significative - et supérieure à la moyenne de l’UE-27 - de l’emploi, jusqu’en 2030. La plupart des emplois, qui peuvent soit résulter de créations de nouveaux postes soit être des remplacements de salariés, partis à la retraite par exemple, se situeront dans le domaine des services. Le secteur tertiaire reste prépondérant au Luxembourg. Les besoins concernent surtout des emplois faisant appel à des compétences élevées (« high skills »), qui en général nécessitent une formation poussée. Cela ne concerne pas uniquement les professions intellectuelles mais également les occupations manuelles hautement qualifiées. Cette donne souligne l’importance d’un système éducatif de qualité. La demande en qualifications intermédiaires restera elle aussi conséquente, mais les besoins en personnel peu qualifié vont progressivement tendre vers zéro (1% pour le Luxembourg), comme l’illustre la figure ci-dessous (Cedefop Skills Forecast, 2020).

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À l’observation de ce graphique on se rend à l’évidence qu’au Luxembourg le besoin de main d’œuvre très qualifiée est supérieur aux autres pays de l’UE, tandis que celui pour des personnes peu qualifiées est nettement inférieur. Cette évolution va sans doute s’accentuer avec le développement des nouvelles technologies et la digitalisation croissante.

Pour pallier au manque de salariés ayant des compétences élevées, le Luxembourg fait majoritairement appel aux travailleurs frontaliers. En 2020, 47% des salariés provenaient de la région frontalière, dont une part non-négligeable constitue le personnel hautement qualifié.

 

Le défi des années à venir est donc de donner aux salariés et aux personnes à la recherche d’un emploi les moyens de se former afin d’évoluer sur un marché de l’emploi de plus en plus exigeant. Pour cela il ne suffit pas de se focaliser sur l’offre de formations initiales mais il devient inévitable, non seulement d’étendre l’offre en formations continues, mais également de prévoir des mécanismes encourageant la formation tout au long de la vie (lifelong learning) afin d’en donner les moyens aux salariés.

 

Le pacte sur les compétences, présenté par la Commission européenne, est un pas dans la bonne direction puisqu’il vise, au niveau européen, la mise en place d’une stratégie et de mesures concrètes pour améliorer les performances existantes et favoriser l’acquisition de nouvelles compétences.

 

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Communiqué par la Chambre des Salariés Luxembourg (CSL)


Publié le 15 décembre 2020