La Chambre des salariés, en collaboration avec l’Université du Luxembourg, vient de publier sa nouvelle enquête « Quality of Work Index 2021». Le tableau dépeint du moral des travailleurs est assez sombre.

Dans le cadre de la crise sanitaire persistante, le moral des travailleurs continue à se détériorer, leur bien-être est au plus bas et les problèmes de santé mentale sont plus fréquents. La proportion de travailleurs présentant un risque de dépression augmente sensiblement et les pensées suicidaires sont plus fréquentes.

Certaines tendances déjà observées avant la crise sanitaire se voient renforcés par cette dernière. Ainsi, l’intensification du travail, mesurée ici par la charge mentale et la pression temporelle, continue d’augmenter, tandis que l’aspect social et participatif du travail, comme la collaboration avec les collègues, la participation aux décisions, l’autonomie dans le travail et le feed-back sur le travail effectué, reste à son niveau le plus bas.

Des conflits travail-vie privée nettement plus marqués chez les femmes et les parents

La crise sanitaire avec toutes les contraintes supplémentaires qu’elle implique, rend plus visible et plus pesant le déséquilibre croissant entre vie professionnelle et vie privée et, au passage, confirme et aggrave les inégalités, comme celles en défaveur des femmes et des salariés qui sont parents.

La tendance est donc à l'augmentation des conflits entre le travail et la vie privée pour les deux sexes. Toutefois, on observe depuis trois ans une tendance à des valeurs nettement plus élevées pour les femmes. Les répondants qui vivent en couple ont des scores plus élevés en matière de conflits entre travail et vie privée que ceux qui vivent seuls (les différences sont surtout significatives depuis 2019). La tendance pour les deux groupes est à la hausse depuis quelques années.

Les répondants avec enfants ont presque toutes les années des scores significativement plus élevés (sauf en 2019) que les participants sans enfant. Avec l'enquête de 2020, on a pu constater que l’écart entre les deux groupes avait grandi. L'enquête de 2021 confirme le constat que les parents d'enfants ont à nouveau de plus grandes difficultés à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Si certains ont pu se dire que le recours massif au télétravail contribuerait en soi à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, cette idée doit malheureusement être réfutée pour 2020 et 2021. Néanmoins, les télétravailleurs n'ont pas connu d'augmentation supplémentaire du déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée pendant la crise, tandis que les travailleurs qui ne télétravaillent pas ont vu leur situation se détériorer considérablement dans ce domaine.

Par ailleurs, la longue période de pandémie a permis à de nombreux salariés de repenser leur carrière, leurs conditions de travail et leurs objectifs à long terme. À l’avenir, les questions d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée resteront au premier plan des réflexions individuelles sur le travail et joueront également un rôle plus important dans les débats politiques.

Un quart des personnes interrogées ont l’intention de changer de travail

Faut-il s’attendre à une vague de démissions au travail, comme c’est le cas dans d’autres pays développés? Les réponses positives à la question de savoir si l’on a l’intention de changer de travail dans un avenir proche ont nettement augmenté en 2021 pour la première fois depuis le début de l’enquête Quality of Work Index et représentent désormais un quart des personnes interrogées.

Pas d’impact du télétravail sur la qualité du travail

En comparant les télétravailleurs en 2017 avec ceux de 2020 et même de 2021, il n'y a pas de changement dans l'évaluation de la qualité du travail. D'autre part, l'évaluation globale de la qualité du travail (indice QoW) de ceux qui ne travaillent pas à domicile s'est très sensiblement détériorée en 2020 et reste à un niveau plus bas en 2021.

La dégradation de l’évaluation de la qualité de travail globale va donc de pair avec la dégradation de la qualité de travail des travailleurs qui n’ont pas pu bénéficier du télétravail.

Retrouver l’étude complète ICI

Source : CSL


Publié le 21 janvier 2022