Par Muriel Bouchet de la Fondation IDEA.

Secteur financier, combien de divisions ? Diverses mesures de l’emploi dans ce secteur circulent, mais elles sont rarement mises en perspective. Ce blog décryptage prétend pallier cette lacune, en présentant diverses façons d’appréhender l’emploi associé. Les estimations, toutes correctes mais présentant chacune une facette différente d’une réalité pour le moins multiforme, vont de 26 000 à près de 100 000 postes. Ce dernier chiffre, qui seul restitue la véritable envergure de la Place financière, intègre une estimation par IDEA de ses effets d’entraînement sur les autres branches de l’économie, opérant via les différents fournisseurs successifs et par le biais des revenus et investissements émanant de la Place.

Emploi « financier » : au moins six mesures possibles de l’emploi

Affirmer que le secteur financier joue un rôle fondamental au Luxembourg revient à « enfoncer des portes ouvertes ». Au-delà de cette lapalissade donc, quel est son impact précis sur l’emploi ? La réponse à cette question est loin d’être triviale. En témoigne d’ailleurs le graphique ci-joint, qui donne six aperçus différents de l’emploi financier. Ces estimations (toutes correctes mais correspondant à des logiques différenciées) vont de 26 300 postes pour la présentation la plus restreinte – confinée à l’emploi dans les seuls établissements de crédit – à 98 300 postes pour l’acception la plus étendue de l’emploi financier, qui intègre pour sa part l’ensemble des activités financières ainsi que leurs retombées indirectes et induites, y compris dans d’autres secteurs. Toujours un peu ésotériques à ce stade, ces différents « maillons de la chaîne » sont successivement abordés dans les lignes qui suivent.

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La donnée la plus retreinte, 26 300 postes, est souvent évoquée dans les médias. Compilée par la BCL, elle se rapporte aux seuls établissements de crédit, soit « une entreprise dont l'activité consiste, pour son propre compte et à titre de profession habituelle, à recevoir des fonds remboursables du public et à octroyer des crédits ». Pour schématiser, il s’agit des banques – de sorte que ce chiffre ne peut prétendre (et ne prétend nullement, d’ailleurs) rendre compte de toute l’étendue de la « Place financière ».

Les comptes nationaux par branches mentionnent au titre de « l’intermédiation financière » 33 100 emplois. Cette catégorie déjà un peu plus large correspond non seulement aux banques, mais également aux sociétés holding et de participation financière, de crédit-bail et aux sociétés spécialisées dans le prêt personnel, de même qu’aux fonds de placement et assimilés.

Il faut cependant aller encore « un cran plus loin » afin de capter l’ensemble du secteur financier tel qu’il est appréhendé par les comptables nationaux, en ajoutant les compagnies d’assurance et caisses de retraite (3 900 emplois en 2018) de même que les activités dites auxiliaires (notamment le courtage, l’administration de marchés financiers, le conseil en opérations financières, l’évaluation des risques, la gestion de fonds et de fortune, activités comptant pour 11 800 emplois en 2018). Le total s’établit dès lors à 48 800 emplois directs.

Bien d’autres emplois, officiellement logés dans d’autres branches de l’économie luxembourgeoise (la restauration, la comptabilité ou les services informatiques, par exemple…) dépendent cependant in fine du secteur financier, ce dernier générant en effet de puissants effets d’entraînement.

 

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Publié le 07 août 2019