Par Christelle Brignoli, Managing Director, Great Place to Work Luxembourg.

La confiance est un mot, ou plutôt un concept, difficile à cerner car il est subjectif. Nous ne faisons pas tous confiance de la même façon et avec les mêmes conditions, nous avons des cadres de références différents les uns des autres.

Et pourtant, la confiance reste primordiale dans la bonne construction d’une relation sereine, forte et pérenne, tant au niveau personnel que professionnel. Le travail est rarement, sinon jamais, une affaire strictement individuelle. On travaille pour quelqu’un et, assez souvent, avec d’autres personnes.

Cette composante relationnelle du travail a pour conséquence que le travail provient fondamentalement de la confiance qui se noue entre les personnes concernées.

De cette confiance dépend, au moins en partie, l’engagement au travail, l’efficacité collective et le bien-être de chacun(e). Instaurer un climat de confiance (entre la direction et les employés, et entre les employés eux-mêmes) devrait apparaître, pour ces raisons, comme un idéal à poursuivre dans les entreprises.

En parallèle, les attentes des collaborateurs ont évolué : la génération dite des Millenials n'a plus le même rapport au travail, ni le même attachement à l'organisation que ses ainés et est en quête de valeurs et de sens. Au fond, nous sommes à une époque charnière où la notion même d'entreprise est redéfinie.

Reste à comprendre ce que cette notion de confiance au travail recouvre exactement et préciser comment chacun(e) peut agir pour la développer et la préserver.

 

La confiance au sein des entreprises s’exprime généralement à 3 niveaux

- Au niveau personnel : la confiance en soi : Je me fais confiance car je suis capable de…

- Au niveau interpersonnel : la confiance en l’autre : Je lui fais confiance car je sais qu’il ne me trahira pas.

- Au niveau collectif : la confiance envers un groupe d’individus : Je leur fais confiance car je sais que chacun(e) agira au mieux pour les intérêts du groupe auquel j’appartiens.

Great Place to Work® a développé un modèle reconnu pour évaluer ce niveau de confiance : le Trust Index© qui repose sur 5 piliers.

Dimensions

 

5 façons de favoriser la confiance au travail*

1. Adopter des mesures organisationnelles concourant à créer un climat de confiance

2. Favoriser une connaissance réciproque entre les acteurs interdépendants

3. Développer ses compétences et la connaissance de soi

4. Favoriser le dialogue pour suivre et analyser les performances obtenues

5. Être attentif au rôle du manager : il a un rôle clé dans la création de liens de coopération entre ses équipes et leur écosystème. C'est au titre de cette responsabilité de création de liens qu'il installe la confiance : à la fois la confiance en soi et la confiance dans les autres, deux prérequis à la coopération.

*Source : http://ergonomie.cnam.fr/equipe/karsenty/articles/16_karsenty_la_confiance.pdf

 

De façon plus pragmatique, voici quelques conseils pratiques 

- Reconnaitre l’excellence

- Associer vos collaborateurs aux prises de décisions

- Rendre possible le "job crafting" : modeler son job à son image en le transformant petit à petit pour qu’il nous corresponde en tous points

- Partager largement les informations, éviter les incertitudes, les non-dits

- Bâtir des relations, rencontrer les gens

Parce que la confiance ne va pas de soi, il incombe à l’entreprise de l’instaurer et de la faire vivre au quotidien. La confiance se choisi et se démontre, elle n’est jamais définitivement acquise et doit se prouver chaque jour.

Posez-vous cette question : suis-je digne de confiance ? Et n’oubliez pas, traitez vos collaborateurs comme vos clients.

 

Ils en parlent !

Paul J. Zak, Directeur et Fondateur du Center for Neuroeconomics Studies, professeur d’économie, de psychologie et de management - Article Les neurosciences de la confiance, les façons de manager qui encouragent l’engagement des salariés (paru dans le magazine Harvard Business Review - août-septembre 2017).

« Dans mes recherches, j’ai découvert que c’est le développement d’une culture de la confiance qui fait la différence. Les employés des sociétés où le taux de confiance est élevé sont plus productifs, plus dynamiques au travail, collaborent mieux avec leurs collègues et restent plus longtemps avec leurs employeurs que les gens travaillant dans des sociétés dans lesquelles le niveau de confiance est bas. Ils souffrent moins de stress chronique et sont plus heureux dans leur vie. » Et de rajouter : « Les expériences que j’ai menées corroborent vivement ce point de vue. »

« En fin de compte, la confiance se cultive en fixant des directions claires, en donnant aux gens ce dont ils ont besoin pour aller jusqu’au bout et en leur laissant des libertés. Je ne parle pas d’être laxiste envers vos employés, ni d’en attendre moins d’eux. Les entreprises dans lesquelles le niveau de confiance est élevé responsabilisent les gens mais sans les micromanager. Elles les traitent comme des adultes responsables. »

Simon Sinek, auteur de "Leaders eat last" TEDX : « Si vous avez le bon environnement, chacun de nous a la capacité de faire des choses remarquables, et surtout, les autres aussi ont cette capacité. Quand nous nous sentons en sécurité à l'intérieur de l'organisation, nous combinons naturellement nos talents et nos points forts et travaillons inlassablement pour faire face aux dangers extérieurs et saisir les opportunités. »


Publié le 30 octobre 2019