Depuis le 1er novembre, la banque digitale Atom Bank teste la semaine de travail de quatre jours pour ses collaborateurs au nom d’un meilleur équilibre vie privée/professionnelle, du bien-être et de la santé, de l’environnement, de l’efficacité et de la productivité. Le tout sans réduire les salaires.

Un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée

«Les deux dernières années nous ont appris combien il est important de pouvoir passer du temps de qualité avec nos proches. De plus, le stress supplémentaire engendré par le fait de travailler pendant une pandémie a obligé beaucoup d'entre nous à réévaluer la relation entre notre travail et notre vie personnelle», explique la banque sur son site internet. Les employés auront ainsi plus de temps pour se concentrer sur leur vie personnelle tout en restant productifs dans leur rôle, poursuit Atom Bank.

Une plus grande attention portée à la santé et au bien-être

«Nous voulons que nos employés se sentent plus heureux et en meilleure santé à long terme. Nous espérons qu'en passant à quatre jours, nous donnerons à chacun le temps dont il a besoin pour prendre soin de son bien-être physique et mental», déclare encore la banque.

Un impact environnemental réduit

Pour étayer ses arguments, Atom Bank cite, entres autres, une étude réalisée en 2021 par l'organisation environnementale Platform London, révélant que si le Royaume-Uni passait à la semaine de quatre jours d'ici 2025, il serait possible de réduire les émissions de CO2 de 127 millions de tonnes, soit une réduction de plus de 20%.

Une augmentation de l'efficacité et de la productivité

Selon des études islandaises (voir plus bas) citées par Atom Bank, les entreprises qui sont passées d'une semaine de cinq jours à une semaine de quatre jours ont connu des niveaux de productivité identiques ou supérieurs. Les travailleurs étaient beaucoup plus concentrés et capables d'accomplir leur travail dans un délai plus court.

De plus en plus de pays expérimentent la semaine de quatre jours

C’est l’Islande qui fait office de pionnier en la matière. Pendant quatre ans, 2500 Islandais (soit environ 1% de la population active du pays) ont participé à une expérience de réduction du temps de travail. Ils se sont vus proposer de travailler 35h par semaine (au lieu de 40h) sur quatre jours, avec le même salaire. Cette semaine raccourcie a été testée dans le secteur public (bureaux, écoles, hôpitaux, crèches, maisons de repos). Et les résultats du groupe de réflexion britannique Autonomy sur l'avenir du travail et l'Association islandaise pour la durabilité et la démocratie sont plutôt probants, explique Business Insider : dans l'ensemble, il n'y a pas eu de perte de productivité ni de qualité. Les équipes ont été encouragées à travailler plus efficacement en réduisant le temps de réunion, en réorganisant leurs horaires et en améliorant la communication entre les services. Une amélioration générale du bien-être des travailleurs a également été constatée. Les niveaux de stress et d'épuisement professionnel ont diminué dans de nombreux cas et plusieurs employés ont déclaré qu'ils se sentaient plus optimistes et heureux au travail grâce à ce nouveau régime.

Les participants ont déclaré que la réduction des heures de travail leur permettait de consacrer plus de temps au sport et aux interactions sociales, ce qui, dans certains cas, a eu un impact sur leur performance au travail. Les lieux de travail qui n'ont pas recensé d'amélioration du bien-être des employés n'ont pas non constaté de dégradation dans leurs conditions de travail.

L'Islande n'est pas le seul gouvernement national à tester le concept de la semaine de quatre jours. En mai 2021, l’Espagne a approuvé un projet pilote de trois ans et a promis 50 millions d'euros pour aider les entreprises à mettre en œuvre ces plans, selon The Guardian. En mai également, au Royaume-Uni, une quarantaine de députés ont déposé une motion pour demander au gouvernement d’étudier la semaine de quatre jours. En Nouvelle-Zélande, c’est le géant Unilever (155 000 employés à travers le monde) qui teste depuis fin 2020 une semaine raccourcie. En France, comme le relate La Dépêche, plusieurs entreprises ont adopté depuis un certain temps déjà la semaine de quatre jours, à l'instar de Welcome To The Jungle (Paris), Yprema (Île-de-France) ou encore Love Radius (Provence) et, plus récemment, le groupe informatique LDLC (Auvergne-Rhône-Alpes).


Publié le 29 novembre 2021