L’Union européenne (UE), dans le cadre des traités européens, donne une importance certaine à l’éducation et à la formation tout au long de la vie et insiste sur les dimensions d’inclusion et de qualité des actions de formation offertes.

Parmi les initiatives concrètes dans ce domaine se situe la stratégie européenne en matière de compétences, concrétisée en juillet 2020 par le pacte sur les compétences.

Le pacte sur les compétences lancé se base sur l’importance du développement des compétences en Europe, notamment dans le contexte de la reconstruction de l’Europe après la pandémie. Dans ce cadre, l’UE envisage de mettre à disposition des plateformes de mise en réseau, ainsi que des outils pour l’orientation et des ressources. À cet effet, un budget substantiel a été prévu et quatre objectifs principaux concernant la formation des adultes ont été définis :

1. Promouvoir une culture de la formation tout au long de la vie.

2. Construire des partenariats avec les parties prenantes (partenaires sociaux, organismes de formation, chercheurs, chambres professionnelles, services employeur…).

3. Évaluer la disponibilité et la demande de compétences et prévoir les besoins futurs.

4. Œuvrer contre toute forme de discrimination et favoriser l’égalité des genres et des opportunités.

La situation sanitaire actuelle nous a appris à quel point il est important de construire une société résiliente et adaptable, capable de faire face à des défis survenant souvent de manière imprévisible. En effet, la crise sanitaire ne doit pas engendrer une crise de la formation !

En outre, les changements sociétaux tels que le vieillissement de la population, la digitalisation et la mondialisation ne sont pas sans effet sur le monde de l’emploi. L’acquisition de nouvelles compétences et la mise à jour des connaissances et des savoir-faire devenus obsolètes s’impose donc comme une évidence. Il en résulte que le taux de participation à la formation professionnelle pour adultes doit être amélioré.

Or, bon nombre de salariés n’ont pas connaissance de l’offre existante de formations continues ou ne se rendent pas compte du besoin en formation ou de l’obsolescence de leurs savoir-faire, tandis que d’autres n’ont pas les moyens financiers, ne disposent pas du temps nécessaire ou subissent d’importantes contraintes familiales.

Il s’avère donc indispensable, dans le cadre de la construction d’une Europe résiliente, mais également dans l’intérêt des citoyens de l’UE, d’œuvrer pour plus d’équité dans le domaine de la formation professionnelle pour adultes afin que tous aient les mêmes possibilités d’évoluer.

Les actuels dispositifs de soutien à la formation professionnelle pour adultes sont dès lors largement insuffisants et la création d’un dispositif comme le droit individuel à la formation devient indispensable dans une société qui vise la réduction des inégalités.

Les obstacles comme le temps, les moyens financiers et la mobilité croissante ainsi que l’organisation du travail ne doivent pas limiter les opportunités de croissance et de développement professionnel et personnel des salariés.

Dans cette optique, la Chambre des salariés revendique depuis de nombreuses années la mise en place d’un véritable droit individuel à la formation. Déjà en mai 2016, la Chambre des salariés (CSL), a évoqué l’importance d’un tel dispositif permettant l’égalité d’accès à la formation « indépendamment de l’âge, de la nationalité et de la situation professionnelle ».

La CSL propose une réforme de la formation professionnelle continue qui se base sur quatre piliers :

1. Introduire un principe général qui confère à tout salarié un véritable droit individuel à la formation continue et une valorisation de ses compétences tout au long de la vie.

2. Créer un Conseil national à gestion tripartite de suivi et d’évaluation des formations professionnelles continues.

3. Promouvoir et faciliter l’accès à des formations continues plus longues et qualifiantes :

       • augmenter la durée et revoir le mode de calcul du congé individuel de formation ;

       • introduire un véritable droit à la qualification ;

       • élargir davantage les possibilités de formation continue ;

       • prévoir des possibilités additionnelles pour stimuler les intéressés à entamer un apprentissage ;

       • promouvoir et simplifier le dispositif de la validation des acquis de l’expérience.

4. Repenser l’actuel système de financement de la formation professionnelle continue.

En 2021, l’efficacité du système de formation professionnelle continue n’est plus une option. Un tel dispositif est indispensable dans l’intérêt des citoyens et de la société toute entière.

 

Communiqué par la CSL


Publié le 01 mars 2021